La lune s’éteint : Hommage à Paul Malembe Tamandiak, pionnier du Journalisme en RDC (Récit de D. Mulebo)

Il était une fois, dans le royaume du journalisme en République Démocratique du Congo, un homme qui a commencé sa carrière avec un stéthoscope autour du cou. Paul Malembe Tamandiak, cet infirmier au grand cœur, a vu plus loin que les maladies : il rêvait d’une grande école de journalisme. Un rêve qui, à l’instar d’une étoile filante, s’est finalement matérialisé en un institut prestigieux. Qui aurait cru qu’un homme formé pour soigner les corps deviendrait le guérisseur des esprits ?

Né en 1936 à Bolo-Kalakitinni, dans le Bandundu, Paul Malembe n’était pas seulement un homme de lettres, mais un véritable baobab du savoir. Ses racines plongeaient profondément dans l’histoire de son pays, tandis que sa canopée, vaste et accueillante, abritait des générations de journalistes en herbe. À l’Université de Kinshasa, il ne se contentait pas d’enseigner ; il façonnait des esprits, sculptait des carrières, et parfois, il devait même jouer le rôle de sage dans une jungle médiatique où la vérité était souvent la première victime.

L’art de la Communication et lion de la presse

Malembe Tamandiak n’était pas qu’un simple académicien. Non, il était l’artisan d’une vision nouvelle du journalisme. Avec son Institut des Sciences et Techniques de l’Information (ISTI), il a mis en place une formation rigoureuse, comme un chef d’orchestre qui dirige une symphonie complexe. Dans une époque où l’information était souvent manipulée, il prônait un journalisme de qualité, où la rigueur et l’éthique étaient les maîtres mots. « Former peu, mais de très haut niveau », disait-il, comme un alchimiste transformant le plomb en or.

En tant que premier rédacteur en chef de la Télévision Nationale Congolaise, Malembe a fait rugir la presse congolaise. Son empreinte est indélébile, une marque de fabrique qui a traversé les décennies. Avec une plume acérée et un esprit aiguisé, il s’est opposé à la propagande politique, refusant de transformer l’information en une simple marionnette. Dans un pays où la liberté de la presse était souvent mise à mal, il était le lion qui défendait son territoire avec bravoure et détermination.

Un héritage lumineux

Malheureusement, lundi 1er septembre 2025, la lune qui éclairait le ciel du royaume du journalisme s’est éteinte. Paul Malembe Tamandiak, à l’âge de 88 ans, a quitté ce monde, laissant derrière lui un héritage lumineux, mais aussi une ombre pesante sur le paysage médiatique congolais. Son décès, comme la chute d’un grand arbre, a laissé un vide immense, une jungle où le journalisme devient insipide, où les oiseaux du ciel cherchent désespérément un abri.

« J’ai eu la chance de rencontrer le Professeur Paul Malembe Tamandiak, qui m’a conseillé que « le journalisme mène à tout, et que le journaliste peut parler de ce qui ne le concerne pas, mais ce qui le concerne, un autre peut le dire à sa place. » Son principal souci était de former des journalistes praticiens, proches du terrain», a témoigné Ives Mapinzi, étudiant en master 2 presse information.

Dans un monde où les voix s’éteignent et où la vérité vacille, l’œuvre de Malembe Tamandiak demeure un phare, une lumière qui continue de briller pour ceux qui osent rêver et s’engager.

Que son esprit guide les futurs journalistes, comme une étoile dans la nuit, rappelant à chacun que le véritable journalisme est un acte de courage, un acte de foi dans l’humanité.

Mulebourg

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