Monde : Iran-Israel, Russie-Ukraine, Inde-Pakistan…Plusieurs États plongent dans la guerre, quelles sont les origines de ces conflits ? [Dossier]

Le monde est actuellement confronté à une montée des conflits entre États, notamment en Ukraine, où le pays fait face à la Russie, au Moyen-Orient, où des escalades nucléaires s’intensifient entre Israël, la Palestine et l’Iran, ainsi qu’entre l’Inde et le Pakistan. Par ailleurs, en Afrique, les conflits sont également fréquents, notamment en République Démocratique du Congo (RDC), qui fait face aux rebelles du M-23 soutenus par l’armée rwandaise et qui sèment la terreur. Ces conflits deviennent de plus en plus dangereux.

Ces guerres, bien que distinctes, partagent des caractéristiques communes, notamment des racines historiques et territoriales profondes ainsi que des enjeux géopolitiques complexes. Les pertes humaines sont tragiques : selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, plus de 30 010 victimes civiles ont été enregistrées en Ukraine depuis le début de l’invasion russe en février 2022, avec 12 605 tués et 29 178 blessés. Parallèlement, les hostilités israélo-palestiniennes et les tensions indo-pakistanaises continuent de causer des massacres et des déplacements massifs de populations, rendant la situation de plus en plus précaire pour les civils dans ces régions.

Quelles sont réellement les origines de chaque conflit ?

● Confli Israëlo-Iranien

La guerre entre Israël et l’Iran a été déclenchée le 13 juin dernier, opposant Israël et, par extension, les États-Unis à l’Iran. Ce conflit représente la troisième phase de la rivalité irano-israélienne, qui s’inscrit dans un contexte plus large de crise au Moyen-Orient. En effet, ce conflit s’est transformé en guerre ouverte lorsque Israël a lancé une attaque surprise, baptisée « l’opération Lion », contre l’Iran, en bombardant son territoire à l’aide de drones et de missiles. En réponse, l’Iran a réagi dans les heures qui ont suivi en lançant l’opération « Promesse honnête 3 », attaquant le territoire israélien par des frappes de drones et de missiles. Par la suite, les États-Unis sont entrés en guerre contre l’Iran, bombardant le pays à partir du 22 juin. Selon l’ONG Human Rights Activists, basée à Washington, les bombardements israéliens sur l’Iran ont causé la mort d’au moins 585 personnes et fait 654 blessés, majoritairement des civils.

Les frappes israéliennes ciblent des sites clés du programme nucléaire iranien, ainsi que des scientifiques iraniens, le Corps des Gardiens de la Révolution, et les défenses aériennes iraniennes. Dans la nuit du 21 au 22 juin 2025, l’US Air Force et l’US Navy ont lancé une attaque coordonnée contre plusieurs sites nucléaires iraniens dans le cadre d’une opération baptisée « Opération Marteau de minuit ». Ces frappes américaines ont visé notamment l’usine d’enrichissement d’uranium de Fordo, le site nucléaire de Natanz, ainsi qu’une installation située à Ispahan. Des bombardiers furtifs B-2 Spirit ont largué des bombes pénétrantes GBU-57A/B de 13 tonnes, tandis que des sous-marins américains ont tiré des missiles de croisière Tomahawk.

Depuis longtemps, l’État hébreu considère les ambitions nucléaires de l’Iran comme une menace existentielle, d’autant plus que l’Iran conteste la légitimité de l’existence d’Israël et appelle à sa destruction. De plus, à la suite des attaques du 7 octobre 2023 sur le territoire israélien, qui ont donné lieu à la guerre de Gaza, Israël a affaibli deux partenaires de l’Iran : le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais. Ce processus a également contribué à la chute du régime baasiste de Bachar el-Assad en Syrie, abandonné par le Hezbollah, qui est lui-même embourbé dans un conflit avec l’État hébreu. La victoire de la rébellion syrienne et l’amputation du croissant chiite ont affaibli l’Iran, déjà isolé sur la scène internationale.

Causes des tensions Israélo-Iraniennes

Ces événements s’inscrivent dans une longue histoire d’inimitié entre Israël et l’Iran, qui sont engagés depuis des années dans une rivalité sanglante, dont l’intensité varie selon la situation géopolitique. Cet affrontement est devenu l’une des principales sources d’instabilité au Moyen-Orient. Pour Téhéran, Israël est considéré comme le « petit Satan », allié des États-Unis, qualifiés de « grand Satan ». De son côté, Israël accuse l’Iran de financer des groupes « terroristes » et de mener des attaques contre ses intérêts, motivées par l’antisémitisme des ayatollahs. Cette rivalité entre ces « ennemis jurés » a causé un nombre considérable de morts, souvent à la suite d’actions secrètes dont aucun des deux gouvernements n’admet la responsabilité.

Les tensions ont atteint des niveaux sans précédent depuis les attaques du 7 octobre 2023, lorsque la milice palestinienne Hamas a frappé Israël, tuant 1 200 personnes et déclenchant la guerre actuelle à Gaza. Depuis lors, Israël combat les alliés de l’Iran au Moyen-Orient, notamment le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban et la milice Houthi au Yémen. Pour la première fois, Israël et l’Iran ont également commencé à se lancer des attaques directes l’un contre l’autre, comme cela a été observé ces dernières heures.

Cependant, il est important de noter que tout au long de l’histoire, ces deux pays n’ont pas toujours été en désaccord. Avant 1979, les relations entre Israël et l’Iran étaient cordiales. En effet, l’Iran, sous la monarchie des Pahlavi, était un allié des États-Unis et le deuxième pays islamique à reconnaître Israël, après l’Égypte. David Ben Gourion, le premier ministre israélien, a cherché l’amitié de l’Iran pour contrer l’opposition des pays arabes voisins à la création de l’État d’Israël en 1948. Cependant, la révolution islamique de 1979, menée par Ruhollah Khomeini, a renversé le Shah et établi une république islamique qui rejetait l’impérialisme américain et israélien. Le nouveau régime a alors rompu ses relations avec Israël, cessé de reconnaître les passeports israéliens et remis l’ambassade israélienne à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

● Conflit Russo-Ukrainien

Les racines de la guerre entre la Russie et l’Ukraine sont profondément ancrées dans une histoire complexe et tumultueuse, marquée par des siècles de domination, d’annexion et de résistance. La Russie considère l’Ukraine comme faisant partie de son espace vital et de son héritage culturel, tandis que l’Ukraine, indépendante depuis 1991, aspire à s’intégrer à l’Occident, notamment à l’Union européenne et à l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord), créée en 1949 pour freiner l’expansion de l’Union soviétique. Cette aspiration est perçue par Moscou comme une menace directe. Le conflit a été exacerbé par l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et le soutien aux groupes séparatistes dans le Donbass, atteignant un nouveau seuil d’escalade avec l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. Aujourd’hui, plusieurs territoires ukrainiens, notamment Louhansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson, sont toujours sous occupation, aggravant une crise humanitaire déjà sévère.

● Conflit Israélo-Palestinien

Le conflit israélo-palestinien trouve ses racines à la fin du XIXe siècle, lorsque le mouvement sioniste prône la création d’un État juif en Palestine, alors sous domination ottomane. La déclaration Balfour de 1917, dans laquelle le gouvernement britannique soutient l’établissement d’un « foyer national juif », intensifie les tensions entre les populations juives et arabes. Après la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste, la création de l’État d’Israël en 1948 entraîne la première guerre israélo-arabe, provoquant le déplacement de centaines de milliers de Palestiniens, un événement connu sous le nom de Nakba. Les hostilités se poursuivent avec plusieurs guerres et des intifadas, illustrant un cycle de violence et de résistance. Des organisations comme l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dirigée par Yasser Arafat, et le Hamas, fondé en 1987, jouent un rôle central dans la lutte pour l’autodétermination palestinienne. Récemment, l’armée israélienne a lancé l’opération « Rising Lion », ciblant des installations nucléaires et militaires en Iran, ce qui a exacerbé les tensions régionales.

● Conflit Inde-Pakistan

Du 6 au 7 mai 2025, l’Inde a déclenché un combat contre le Pakistan en lançant une série de missiles sur le territoire pakistanais, faisant 26 morts. Le Pakistan a immédiatement riposté, tuant 12 personnes, selon un bilan encore provisoire. Les tensions entre l’Inde et le Pakistan continuent de s’intensifier, notamment en raison de la question de la souveraineté sur le Jammu-et-Cachemire et des politiques de répression mises en place par l’Inde depuis 2019. Sous la direction de Narendra Modi, le gouvernement indien a abrogé l’autonomie du Jammu-et-Cachemire, suscitant des inquiétudes quant à une « hindouisation » forcée de la région. Parallèlement, le Pakistan, confronté à des problèmes internes, continue de soutenir des groupes militants, aggravant ainsi les tensions. La menace d’une « guerre de l’eau », suite aux déclarations de Modi sur le contrôle des ressources hydriques du fleuve Indus, met en péril un traité de partage des eaux respecté jusqu’ici. Ces dynamiques créent un climat de méfiance et de danger, où les deux nations nucléaires pourraient être entraînées dans un conflit majeur.

Contexte historique

Historiquement, la guerre entre l’Inde et le Pakistan trouve ses racines dans la partition des Indes britanniques en 1947, effectuée sur des bases religieuses, divisant le territoire en deux nations : l’Inde, majoritairement hindoue, et le Pakistan, majoritairement musulman. La question du Jammu-et-Cachemire, un État princier à majorité musulmane dirigé par un maharaja hindou, a rapidement émergé comme un point de friction majeur. En octobre 1947, à la suite d’une invasion de tribus pakistanaises, le maharaja a décidé de rejoindre l’Inde, entraînant une première guerre entre les deux pays qui a duré jusqu’en 1949 et s’est soldée par la division de la région le long de la « Ligne de contrôle ». Depuis lors, des conflits militaires et des tensions politiques ont perduré, avec des guerres en 1965 et 1971, et des affrontements plus récents, exacerbés par des actes de terrorisme et des accusations mutuelles.

● Conflits en Afrique

En Afrique également, des conflits entre États ou entre des groupes rebelles soutenus par des États ou des puissances mondiales sont bien réels. Au Mali, au Burkina Faso et au Nigeria, la lutte contre les djihadistes se poursuit. Parallèlement, de fortes tensions se manifestent en République Démocratique du Congo (RDC). Depuis plus de trente ans, le pays de Lumumba vit au rythme de guerres à répétition de rébellions cyclique, principalement dans sa partie Est, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Selon plusieurs rapports de l’ONU, cette situation est alimentée par l’armée rwandaise en complicité avec des groupes armés congolais.

Malgré ces défis, diverses sources internationales et rapports d’organisations humanitaires, notamment des Nations Unies, mentionnent des estimations de plus de 6 millions de morts, voire plus. Par exemple, un article du journal Le Devoir cite un bilan de « plus de 7 000 compatriotes » tués depuis la résurgence du M-23 en alliance Alliance du Fleuve Congo. De plus, le site des Nations Unies souligne des déplacements massifs de populations, ce qui indique des conséquences humanitaires graves.

Historique des conflits

Depuis l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) en 1996, qui a mis fin à la dictature de Mobutu le 17 mai 1997, jusqu’au Mouvement du 23 Mars (M23) en 2012, en passant par le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD : 1998-2002) et le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP : 2004, 2008-2009), différents mouvements armés ont partagé une histoire similaire. À chaque fois, d’anciens alliés se sont retournés contre leurs anciens compagnons d’armes, renouvelant ainsi les cycles de violence. Aujourd’hui, la société fait face à l’apparition de l’AFC/M23.

Pourquoi la persistance de la guerre à l’Est de la RDC ?

Les origines du conflit à l’est de la RDC, alimenté par l’armée rwandaise et des groupes armés, sont complexes et multifactorielles. Elles remontent notamment au génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 et aux conséquences de cet événement, avec des réfugiés rwandais (majoritairement Hutu) se retrouvant dans l’est du Congo. L’est de la République Démocratique du Congo (RDC) est riche en ressources naturelles, telles que le coltan et l’or, ce qui a engendré des conflits pour le contrôle de ces précieuses ressources. Parallèlement, les tensions liées à la répartition des terres et à l’accès à ces ressources exacerbent les conflits dans la région. De plus, la RDC a toujours dénoncé la complicité de la communauté internationale dans la prolongation de ces conflits. L’implication de l’armée rwandaise, à travers son soutien au groupe rebelle M23 et à d’autres groupes armés, constitue un facteur clé de la persistance de cette situation conflictuelle.

Quel avenir pour le Monde ?

La situation actuelle soulève des questions sur l’avenir de la paix mondiale. Comme l’a souligné Thierry de Montbrial, géopolitologue français, « la perspective d’une troisième guerre mondiale ne peut plus être écartée ». L’interconnexion des conflits, combinée à l’armement nucléaire et aux tensions croissantes entre puissances, laisse craindre le spectre d’une escalade violente. Les rivalités entre grandes puissances, les luttes pour le contrôle des ressources et la montée des nationalismes exacerbent les tensions. Si la communauté internationale ne parvient pas à trouver des solutions durables aux conflits en cours, le risque d’une escalade vers un conflit mondial ou troisième guerre mondiale pourrait devenir une réalité.

Donc, nous pensons que les grandes puissances doivent agir avec prudence et responsabilité pour éviter une escalade vers un conflit mondial. La paix nécessite un engagement collectif, des compromis et une volonté de dialogue pour surmonter les divisions et construire un avenir meilleur pour tous et dans tous les continents.

Mulebourg

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