Yémen : Au moins 73 recrues tuées dans une frappe de missiles des Houthis sur un camp militaire

Le conflit yéménite vient de franchir un nouveau palier dans la violence. Au moins 73 jeunes recrues des forces gouvernementales ont perdu la vie et plus de 200 autres ont été blessées lors d’une triple frappe de missiles balistiques. L’attaque, survenue le lundi 19 octobre 2026, a ciblé le camp d’entraînement d’al-Alam, situé dans la province stratégique de Shabwa, au sud du pays. Les rebelles houthis ont rapidement revendiqué l’opération.

Le drame s’est produit dans la matinée de lundi, alors que les nouveaux soldats étaient rassemblés pour une séance d’instruction militaire. Selon le gouverneur de la province de Shabwa, Awad Ibn al-Wazir, trois missiles balistiques ont frappé de plein fouet le rassemblement, provoquant des scènes de panique et de lourdes pertes humaines.

Les victimes étaient des jeunes hommes âgés de 18 à 20 ans, originaires de la région. Les autorités locales ont précisé que ces recrues n’étaient pas destinées à rejoindre les lignes de front. Elles étaient formées pour assurer la sécurité intérieure et la stabilité de leur propre province.

Mardi, les secours continuaient de s’activer. Plusieurs blessés, dont l’état restait critique, ont dû être transférés vers des hôpitaux spécialisés dans les provinces voisines. Les autorités redoutent une augmentation du bilan, plusieurs personnes étant encore portées disparues sous les décombres.

Shabwa, une province hautement stratégique

Le choix de la cible ne doit rien au hasard. Situé dans le district de Jardan, le camp d’al-Alam se trouve sur un axe routier qui relie les zones gouvernementales à la province de Marib. De plus, la province de Shabwa est une région clé pour l’économie et la logistique du pays.

En revendiquant la frappe, les Houthis ont déclaré avoir visé un site militaire lié aux forces soutenues par l’Arabie saoudite. De leur côté, les responsables du gouvernement yéménite ont fermement condamné un « acte barbare » visant des adolescents en formation.

La fin de la trêve et l’ombre d’une guerre régionale

Cette attaque est l’une des plus meurtrières enregistrées ces derniers mois. Elle confirme la reprise totale des hostilités après la rupture, en juillet 2026, de la trêve qui tenait tant bien que mal depuis 2022. Ce cessez-le-feu avait permis de réduire l’intensité des combats, mais les négociations politiques n’ont pas débouché sur une paix durable.

Face à cette recrudescence des violences, la communauté internationale s’inquiète. Le Royaume-Uni a annoncé un renforcement de son aide militaire défensive à l’Arabie saoudite. Londres va déployer des avions de chasse Typhoon pour effectuer des patrouilles aériennes afin d’intercepter les missiles et les drones tirés par les Houthis. Le gouvernement britannique a toutefois précisé que ses forces ne mèneraient pas de frappes au sol contre les rebelles au Yémen.

Pour rappel, le Yémen est déchiré par une guerre civile depuis 2014, opposant les rebelles houthis (soutenus par l’Iran) au gouvernement officiel (appuyé par une coalition menée par l’Arabie saoudite). En plus des dizaines de milliers de morts, ce conflit a plongé le pays dans l’une des pires crises humanitaires au monde, privant des millions de personnes d’accès à la nourriture et aux soins de base.

C. Sindani

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