Carnage au Mali : près de 50 civils massacrés par l’État islamique à Ménaka
L’horreur a de nouveau frappé le nord-est du Mali. Au moins 48 civils ont été sauvagement tués lors d’attaques coordonnées menées dans la région de Ménaka, ldimanche dernier. Selon des sources locales et sécuritaires, les assaillants ont ciblé plusieurs campements de la communauté Idaksahak (ou Daoussahak), provoquant la fuite de centaines de familles terrifiées vers la ville de Ménaka.
Les violences ont principalement touché la localité de Tagadayat et le secteur de Tinabow, situés à une cinquantaine de kilomètres de Ménaka. Le Bureau exécutif de la communauté Idaksahak fait état d’au moins 48 civils tués à Tagadayat. D’autres sources évoquent un bilan provisoire supérieur à 50 morts, encore en cours de vérification.
Des habitations incendiées et des familles en fuite
Selon des témoignages recueillis par l’Agence France-Presse (AFP), les assaillants sont arrivés à bord de dizaines de motos. Ils ont ouvert le feu sur les habitants et incendié les habitations. Certaines victimes ont été abattues, tandis que d’autres ont péri dans les flammes. Les assaillants ont également détruit des maisons et emporté du bétail.
Face à cette flambée de violence, plusieurs centaines de familles ont abandonné leurs biens pour se réfugier à Ménaka. Le Bureau exécutif de la communauté Idaksahak attribue ces massacres au groupe État islamique au Sahel. Toutefois, l’organisation jihadiste n’avait pas encore revendiqué ces attaques mardi.
Des sources sécuritaires citées par Reuters estiment que ces tueries pourraient être des représailles. La semaine précédente, des civils soupçonnés de renseigner les jihadistes auraient subi des exactions.
Ces accusations visent le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), une milice proche des autorités maliennes ainsi que les paramilitaires russes d’Africa Corps. Ces allégations n’ont pas été confirmées de manière indépendante.
Une crise humanitaire et sécuritaire persistante
Devant l’urgence de la situation, la communauté Idaksahak appelle les autorités maliennes, les agences de l’ONU et les organisations humanitaires à secourir immédiatement les déplacés. Elle réclame aussi un renforcement de la protection des civils dans la région.
De son côté, l’armée malienne a affirmé avoir détruit, le samedi 17 octobre, une importante base terroriste située à 65 kilomètres au sud-ouest de Ménaka. Selon son communiqué, l’opération a permis de neutraliser des combattants et de détruire du matériel logistique. Aucun lien direct n’a été établi entre cette opération militaire et les attaques contre les civils.
Le Mali est plongé depuis 2012 dans une grave crise sécuritaire, pris en étau entre les groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, et les affrontements intercommunautaires. Malgré le déploiement de l’armée et son alliance avec la Russie, le pays subit toujours des attaques meurtrières qui aggravent la crise humanitaire.
C. Sindani



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