Politique migratoire Afrique-États-Unis: Après la RDC, le Burundi ouvre ses portes aux expulsés de l’administration Trump

Le Burundi s’apprête à accueillir sur son sol des migrants expulsés des États-Unis. L’annonce a été faite ce mardi à Ngozi par Nancy Ninette Mutoni, porte-parole de la présidence burundaise, confirmant l’alignement du pays sur une stratégie de gestion migratoire de plus en plus partagée en Afrique subsaharienne.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de la politique d’expulsion vers des pays tiers menée par l’administration américaine. Elle intervient peu après que la République démocratique du Congo (RDC) a elle-même accepté de recevoir des ressortissants étrangers refoulés par Washington.

Le gouvernement burundais a toutefois tenu à fixer des garde-fous rigoureux pour encadrer ces arrivées. Les personnes accueillies n’auront, pour la plupart, aucun lien antérieur avec ce pays de l’Afrique de l’Est. Gitega exige des garanties de sécurité absolues : aucun profil faisant l’objet de poursuites pénales ou soupçonné de liens avec le terrorisme ne sera admis sur le territoire.

« Le président a clairement précisé que le Burundi n’accepterait que les personnes qui ne font pas l’objet de poursuites pénales et qui n’ont aucun lien avec le terrorisme », a martelé Nancy Ninette Mutoni.

Pour justifier cette position, la présidence invoque la tradition d’accueil du pays, tout en insistant sur les bénéfices diplomatiques d’une telle coopération. « Le Burundi accueille depuis longtemps des personnes en situation de détresse. Cela permettra également de renforcer la coopération avec d’autres pays », a ajouté la porte-parole.

Sur le plan pratique, l’opération s’annonce complexe et requiert d’importants préparatifs logistiques. Les autorités étudient actuellement les modalités d’hébergement, de subsistance et d’intégration à long terme au sein des communautés locales.

Initialement, un vol charter transportant environ 70 personnes devait décoller de la Louisiane à destination du Burundi, du Rwanda et de la République centrafricaine. Si les procédures judiciaires américaines imposent parfois des reports techniques, la feuille de route politique reste inchangée.

Le Burundi rejoint une liste croissante de nations africaines parmi lesquelles la Guinée équatoriale, la Centrafrique et la RDC qui collaborent désormais avec Washington pour l’accueil de migrants issus de pays tiers. En contrepartie, ces accords s’accompagnent généralement d’appuis financiers ou diplomatiques substantiels de la part des États-Unis pour soutenir la prise en charge humanitaire sur le continent.

Mulebourg

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