Changement de la Constitution en RDC : Félix Tshisekedi saura-t-il défier l’opposition ?
La question du changement de la constitutionnelle en République Démocratique du Congo (RDC) suscite des débats passionnés dans toutes les rues du pays. Alors que le pouvoir de Félix Tshisekedi semble vouloir avancer vers un changement de la Constitution, la dissension entre la majorité et l’opposition se fait de plus en plus ressentir, également au sein de la société civile et de la population.
De nombreux observateurs estiment que les intentions du régime de Tshisekedi sont motivées par le désir de prolonger son mandat. Des signes majeurs qui démontrent cette hypothèse :
Habillement en Mobutisme
Le 5 avril dernier, lors de l’accueil des Léopards au Palais du Peuple, le président Tshisekedi a fait sensation en portant une chemise à motif léopard. Ce choix vestimentaire a suscité une vague de nostalgie et a été interprété par certains comme un clin d’œil à un passé autoritaire, renforçant l’idée qu’il pourrait chercher à s’inspirer des méthodes de Mobutu pour s’éterniser au pouvoir.
Langage ambivalent sur le 3e mandat
Lors d’une conférence de presse le 6 mai 2026, Félix Tshisekedi a déclaré qu’il serait prêt à briguer un troisième mandat « si le peuple le veut ». Cette déclaration a soulevé des inquiétudes quant à ses véritables intentions et à son respect des limites constitutionnelles.
Soutien au projet de changement de la Constitution
Au sein de l’Union sacrée, plusieurs figures politiques se sont prononcées en faveur d’un changement constitutionnel. Christophe Mboso a notamment affirmé que « la Constitution n’est pas la Bible pour ne pas être changée ». Bahati Lukwebo, ancien deuxième vice-président du Sénat, a également rejoint la plateforme C4 initiée par Augustin Kabuya pour promouvoir ce projet.
En réponse à ces initiatives, l’opposition a réagi vigoureusement. La création de C64, une plateforme d’opposition, regroupe des figures telles que Martin Fayulu, Delly Sesanga, Moïse Katumbi, Alain Bolondja, Merley Vuvu…,qui s’opposent fermement à tout changement de la Constitution. Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, a également exprimé ses préoccupations, qualifiant l’idée d’un troisième mandat ou d’une révision constitutionnelle de « danger pour la démocratie », soulignant que les crises en RDC ne proviennent pas des textes mais de leur non-application.
Réactions des Églises
Les Églises ne restent pas sans voix dans ce débat. Plusieurs leaders des Églises de réveil soutiennent la démarche de changement de la Constitution, tandis que l’Église du Christ au Congo (ECC) et l’Église catholique adoptent une position plus réservée. Le cardinal Fridolin Ambongo appelle les Congolais à se mobiliser contre le changement de la loi fondamentale, avertissant que les jours à venir pourraient être difficiles. Les Églises catholique et protestante mettent en garde contre toute modification de l’article 220 de la Constitution congolaise.
Malgré les critiques, les députés nationaux ont adopté une loi sur le référendum qui pourrait permettre le changement de la Constitution. En réponse, l’opposition prévoit des actions de terrain pour contrer ce projet, avec une journée de ville morte annoncée pour le 3 juin 2026, une date qui s’annonce déjà comme un moment de tension.
L’issue de ce conflit entre opposition et majorité sera influencée par plusieurs facteurs tels que :
- Évolution militaire à l’Est : Une reprise des zones occupées par le M23 pourrait renforcer la position du pouvoir.
- Mobilisation de l’opinion publique : La capacité des deux camps à mobiliser les citoyens et à influencer les médias sera cruciale pour la perception de la réforme.
- Posture de la communauté internationale : L’attention de l’Union africaine et des États-Unis pourrait jouer un rôle déterminant dans l’évolution de la situation.
Félix Tshisekedi saura-t-il défier l’opposition et le peuple ? La question reste ouverte. Chers lecteurs, que pensez-vous de ce projet ? Changement ou non ?
Mulebourg



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