« Trump n’a pas l’air en bonne santé », le cardiologue de Dick Cheney réclame davantage de transparence
À l’approche de ses 80 ans, Donald Trump fait de nouveau l’objet de questions sur son état de santé. Cette fois, les interrogations viennent d’un médecin particulièrement connu à Washington : le Dr Jonathan Reiner, cardiologue et professeur à la George Washington University, qui a longtemps suivi l’ancien vice-président Dick Cheney.
Dans une tribune publiée dans le New York Times, Reiner estime que le président américain « n’a pas l’air en bonne santé » et juge insuffisantes les informations communiquées par la Maison-Blanche. Il ne prétend pas établir un diagnostic à distance, mais affirme que plusieurs signes visibles et certaines informations médicales officiellement communiquées soulèvent des questions auxquelles l’administration devrait répondre.
Cette mise en cause intervient alors que le médecin du président, le Dr Sean Barbabella, affirme au contraire que Donald Trump est en « excellente santé » et qu’il est pleinement apte à exercer ses fonctions. Dans son dernier bilan, publié après un examen à l’hôpital militaire Walter Reed le 26 mai, Barbabella décrit notamment de bonnes fonctions cardiaques, pulmonaires et neurologiques.
Somnolence, ecchymoses et jambes gonflées : les signes qui inquiètent
L’une des principales préoccupations de Jonathan Reiner concerne la somnolence apparente de Donald Trump lors de plusieurs apparitions publiques. Le cardiologue évoque une « somnolence diurne » qu’il juge préoccupante. Trump a notamment été filmé les yeux fermés ou semblant piquer du nez lors de réunions et d’événements publics. Reiner estime que cette situation mérite au minimum une évaluation médicale claire, notamment pour écarter des problèmes de sommeil ou d’autres causes médicales.
Le médecin s’interroge également sur les ecchymoses visibles sur les mains du président. La Maison-Blanche explique ces marques par les poignées de main fréquentes, combinées à la prise quotidienne d’aspirine. Le dossier médical rendu public indique effectivement que les ecchymoses sont compatibles avec une irritation des tissus liée aux poignées de main et à l’utilisation d’aspirine à titre préventif.
Mais pour Reiner, cette explication ne suffit pas. Donald Trump prendrait 325 mg d’aspirine par jour, soit quatre fois la dose de 81 mg généralement utilisée pour la prévention cardiovasculaire. Le cardiologue avait déjà souligné que cette dose était inhabituelle dans un contexte de prévention et s’était demandé pourquoi le président continuait à la prendre malgré des ecchymoses importantes.
Autre élément observé : le gonflement des jambes et des chevilles. Le médecin présidentiel l’attribue à une insuffisance veineuse chronique et précise que l’œdème s’est amélioré. Reiner relève toutefois que le dernier examen mentionne un gonflement qui n’apparaissait pas lors du précédent bilan. Selon lui, cette évolution justifie des explications médicales plus précises, même si elle ne permet pas, à elle seule, de conclure à une maladie grave.
22 spécialistes et des examens qui soulèvent des questions
Les interrogations du cardiologue portent également sur la nature et la fréquence des examens médicaux réalisés par le président. Le bilan du 26 mai à Walter Reed a mobilisé 22 consultants et spécialistes médicaux. Ce chiffre a lui-même suscité des questions, notamment parce qu’il est supérieur aux 14 spécialistes impliqués lors de l’examen annuel de 2025.
Reiner a notamment demandé pourquoi Donald Trump avait de nouveau subi une imagerie cardiaque alors qu’un examen avait déjà été réalisé en octobre 2025. Dans ses questions, il souligne qu’une nouvelle imagerie coronarienne à seulement quelques mois d’intervalle n’est pas forcément habituelle lorsqu’aucune anomalie préoccupante n’a été détectée auparavant. Il demande donc ce qui a motivé ce nouvel examen.
Le président avait également effectué en octobre 2025 un examen d’imagerie présenté par la Maison-Blanche comme une évaluation préventive portant notamment sur ses systèmes cardiovasculaire et abdominal. L’administration avait par la suite affirmé que les résultats étaient normaux.
Reiner s’interroge aussi sur la répétition des tests cognitifs. Donald Trump a obtenu un score parfait de 30/30 au Montreal Cognitive Assessment, ou MOCA, lors de son dernier bilan. Mais le cardiologue demande pourquoi ce test a encore été réalisé alors que le président en avait déjà passé plusieurs récemment.
Le chiffre de 22 spécialistes a également attiré l’attention au Congrès. Dans une lettre adressée en juin au médecin de la Maison-Blanche, le représentant démocrate Jamie Raskin a lui aussi demandé pourquoi un homme présenté comme étant en « excellente santé » avait besoin d’une équipe médicale aussi importante et pourquoi l’administration refusait de préciser les spécialités des médecins concernés.
Pour Reiner, le problème n’est donc pas nécessairement qu’un examen médical révèle une maladie cachée. C’est surtout l’écart entre les signes observables, la multiplication de certains examens et le peu de détails fournis publiquement qui alimente ses interrogations.
À 80 ans, le débat sur l’aptitude présidentielle relancé
Donald Trump a eu 80 ans le 14 juin 2026, devenant ainsi le président américain le plus âgé de l’histoire. Cette donnée donne une dimension particulière au débat sur son état physique et cognitif.
Le médecin de la Maison-Blanche assure pourtant que Trump reste en « excellente santé » et « pleinement apte » à exercer ses fonctions. Son rapport fait état de bonnes capacités cardiaques, pulmonaires, neurologiques et physiques. Il souligne également que le président conserve un emploi du temps chargé et participe régulièrement à des réunions, des événements publics et des activités physiques.
Jonathan Reiner ne conteste pas directement ce diagnostic en affirmant que Trump souffre d’une maladie précise. Il demande plutôt que les informations médicales soient davantage détaillées et vérifiables. Dans ses interventions, il insiste sur le fait qu’il pose des questions à partir de signes visibles et des informations publiées par la Maison-Blanche, et non qu’il établit un diagnostic à distance.
Le cardiologue réclame notamment davantage de transparence sur les examens réalisés, les spécialistes consultés, les médicaments éventuellement prescrits et les raisons précises ayant conduit à multiplier les évaluations médicales.
Cette demande s’inscrit dans un débat plus large sur la santé des présidents américains. Reiner estime que l’aptitude médicale du chef de l’État ne devrait pas être traitée comme une question strictement privée lorsque sa capacité à exercer ses fonctions peut avoir des conséquences nationales et internationales.
Il avait déjà appelé par le passé à une enquête bipartisane sur l’aptitude présidentielle de Donald Trump. Le débat autour du 25e amendement de la Constitution américaine, qui prévoit une procédure en cas d’incapacité présidentielle, a également été relancé par différents responsables et commentateurs politiques.
Pour l’heure, aucune information publique ne permet toutefois d’affirmer que Donald Trump souffre d’une maladie neurologique, cardiaque ou rénale grave. Les inquiétudes de Jonathan Reiner restent des questions et des interprétations médicales fondées sur des signes observables et sur les informations disponibles publiquement. La Maison-Blanche, de son côté, maintient que le président est en excellente santé et apte à exercer ses fonctions.
Le véritable enjeu est donc désormais celui de la transparence : alors que Donald Trump entame sa dixième décennie et dirige la première puissance militaire mondiale, jusqu’où la Maison-Blanche doit-elle aller dans la publication de ses informations médicales ? Pour Jonathan Reiner, le public américain mérite des réponses beaucoup plus précises.



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