Exemption de visa : la Russie signe un accord avec le Ghana pour faciliter les déplacements officiels
La Russie et le Ghana renforcent leurs relations bilatérales. Les deux pays ont signé, à Moscou, un accord portant sur l’exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service. Le texte, conclu à l’issue de discussions entre les autorités des deux États, vise à faciliter les déplacements officiels et à renforcer les contacts entre leurs administrations.
L’accord a été annoncé lors d’une rencontre entre le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, et son homologue russe, Sergueï Lavrov. Selon les propos rapportés par l’agence de presse russe, le chef de la diplomatie russe a présenté cette mesure comme un instrument destiné à simplifier les déplacements des responsables munis de documents officiels.
Cette nouvelle disposition intervient alors que Moscou et Accra cherchent à approfondir leur coopération dans plusieurs domaines, notamment le commerce, les investissements, l’éducation, l’énergie et les échanges entre institutions publiques.
Un accord réservé aux titulaires de passeports officiels
L’exemption de visa prévue par le nouvel accord ne concerne pas l’ensemble des citoyens ghanéens et russes. Elle s’applique uniquement aux titulaires de passeports diplomatiques et de service, dans le cadre défini par le texte signé entre les deux gouvernements.
Les responsables concernés pourront ainsi effectuer certains déplacements officiels entre les deux pays sans devoir obtenir au préalable un visa. La mesure devrait notamment faciliter les missions diplomatiques, les rencontres gouvernementales ainsi que les échanges entre les différents ministères et administrations.
Pour Samuel Okudzeto Ablakwa, cette décision constitue une étape importante dans le rapprochement entre Accra et Moscou. Le ministre ghanéen a notamment souligné l’importance de renforcer les relations entre les deux gouvernements, les ministères des Affaires étrangères et les responsables économiques.
Les discussions entre les deux délégations ne se sont toutefois pas limitées à la question des visas. Plusieurs secteurs de coopération ont été abordés, notamment le commerce, les investissements, l’éducation et les échanges humanitaires. Les deux pays cherchent ainsi à donner une dimension plus large à leur partenariat.
Accra souhaite également obtenir le soutien de Moscou dans sa campagne internationale en faveur des réparations liées aux conséquences historiques de la traite négrière et de l’esclavage. Cette question fait partie des sujets portés par le Ghana sur la scène internationale, alors que le pays cherche à obtenir davantage de reconnaissance et de soutien concernant les conséquences historiques de la traite transatlantique.
L’accord sur les visas intervient donc dans un contexte plus large de rapprochement diplomatique. Pour les autorités des deux pays, la facilitation des déplacements des responsables officiels doit permettre de multiplier les rencontres et de rendre plus fluides les discussions portant sur les différents domaines de coopération.
Des relations diplomatiques vieilles de près de sept décennies
Le rapprochement actuel entre Moscou et Accra s’inscrit dans une histoire diplomatique ancienne. Le Ghana et l’Union soviétique ont officiellement établi leurs relations diplomatiques le 14 janvier 1958, quelques mois après l’indépendance du Ghana.
Après la disparition de l’Union soviétique en 1991, la Russie a repris les engagements internationaux de l’ancien État soviétique et maintenu ses relations diplomatiques avec Accra.
La coopération entre les deux pays avait déjà pris une dimension économique et technique importante sous la présidence de Kwame Nkrumah, premier président du Ghana indépendant. Un accord conclu en 1960 prévoyait notamment une assistance soviétique au Ghana dans plusieurs secteurs, dont la prospection minière, l’industrie, l’agriculture et la production hydroélectrique.
Cette coopération historique constitue aujourd’hui l’un des fondements des relations entre les deux pays. Moscou et Accra cherchent désormais à l’adapter aux nouveaux enjeux économiques et technologiques.
Selon l’ambassadeur russe au Ghana, Andrei Ordash, les échanges commerciaux entre les deux pays ont connu une forte progression ces dernières années. Ils seraient passés de 247 millions de dollars en 2022 à plus de 800 millions de dollars en 2024. Cette progression illustre, selon les autorités russes, le potentiel de développement des relations économiques bilatérales.
Moscou souhaite notamment accroître sa coopération avec Accra dans le commerce, l’énergie, l’agriculture, la technologie et l’éducation. Ces secteurs constituent désormais des axes importants du partenariat entre les deux pays.
L’éducation occupe également une place particulière dans cette relation. Depuis plusieurs décennies, des milliers de Ghanéens ont étudié en Union soviétique puis en Russie. Selon l’ambassadeur russe, cette communauté d’anciens étudiants constitue un réseau humain qui continue de contribuer au rapprochement entre les deux pays.
L’exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service vient ainsi s’ajouter à une relation bilatérale construite depuis près de soixante-dix ans. Même si la mesure reste limitée aux détenteurs de documents officiels, elle pourrait faciliter les contacts directs entre les responsables des deux États et accompagner l’intensification de leur coopération.
Pour Moscou comme pour Accra, l’objectif affiché est désormais d’élargir cette coopération à de nouveaux secteurs et de consolider les échanges économiques, institutionnels et humains. L’accord signé dans la capitale russe apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans le rapprochement entre la Russie et l’un des pays d’Afrique de l’Ouest avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques depuis les premières années de l’indépendance ghanéenne.
Rédaction



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