Optimisation des arrêts de bus et du trafic à Kinshasa : l’étude de Céleste Kapinga met en lumière le chaos routier sur le tronçon Cité verte – Mitendi

La mobilité urbaine à Kinshasa continue de poser de sérieux défis, notamment sur le tronçon stratégique Cité verte – Mitendi, situé dans la commune de Mont-Ngafula. C’est ce que révèle un travail de fin de cycle réalisé par Céleste Kapinga Mundadi, consacré à l’« optimisation des arrêts de bus et du trafic aux pôles de Matadi-Kibala et Mitendi ».

À travers une approche mêlant observations de terrain, enquêtes et analyses statistiques, l’étude dresse un constat préoccupant : la congestion chronique de cet axe majeur n’est pas principalement liée aux accidents ou au volume de véhicules, mais plutôt à une organisation urbaine défaillante.

IMG_9873-872x1024 Optimisation des arrêts de bus et du trafic à Kinshasa : l’étude de Céleste Kapinga met en lumière le chaos routier sur le tronçon Cité verte – Mitendi
Screenshot

Un axe stratégique devenu un point noir de la mobilité

Long d’environ 8 kilomètres, le tronçon Cité verte – Mitendi constitue un corridor essentiel reliant les zones résidentielles de Mont-Ngafula aux centres économiques de Kinshasa. Mais cet axe vital est aujourd’hui saturé. L’étude souligne plusieurs facteurs aggravants :

  • absence d’arrêts de bus formalisés ;
  • stationnement anarchique des taxis-bus et motos ;
  • occupation massive de la chaussée par le commerce informel ;
  • insuffisance d’infrastructures piétonnes ;
  • faible régulation du trafic par les autorités.

Dans les zones de Matadi-Kibala et Mitendi, la situation est particulièrement critique, avec une cohabitation désordonnée entre transport, commerce et piétons.

Commerce informel et transport : une cohabitation explosive

L’un des principaux enseignements de l’étude est l’impact direct du commerce informel sur la fluidité du trafic. Les vendeurs ambulants et marchés de fortune s’installent le long de la route, réduisant l’espace de circulation et obligeant parfois les piétons à marcher sur la chaussée.

Selon les enquêtes menées auprès de 120 acteurs (usagers, chauffeurs et commerçants), une majorité des répondants estime que :

  • les marchés informels sont la première cause de congestion ;
  • les arrêts improvisés aggravent les embouteillages ;
  • le niveau d’insécurité est élevé aux abords des points de vente et d’embarquement.

Des transports en commun mal organisés

Les taxis-bus et motos constituent les principaux moyens de transport sur le tronçon, mais leur fonctionnement est marqué par une forte désorganisation.

Les véhicules s’arrêtent souvent en pleine voie, sans baies de stationnement ni zones dédiées. Résultat : ralentissements fréquents, blocages et risques accrus d’accidents.

L’étude montre également que la pression des passagers pousse les chauffeurs à s’arrêter de manière anarchique, accentuant encore la désorganisation générale.

Une perception forte d’insécurité et de congestion

Les résultats de terrain indiquent une forte perception d’insécurité :

  • une majorité des usagers jugent les arrêts « peu sécurisés » ;
  • les embouteillages sont quasi quotidiens aux heures de pointe ;
  • près de 40 % des trajets dépassent 30 minutes sur de courtes distances.

La congestion est ainsi décrite comme structurelle, et non accidentelle.

IMG_9871-1024x820 Optimisation des arrêts de bus et du trafic à Kinshasa : l’étude de Céleste Kapinga met en lumière le chaos routier sur le tronçon Cité verte – Mitendi
Screenshot

Des solutions d’aménagement proposées

Face à ce diagnostic, l’étude propose un ensemble de solutions structurées visant à transformer durablement la mobilité sur le tronçon.

  1. Réorganisation des arrêts de bus
  • création de baies de stationnement hors chaussée ;
  • installation d’abris équipés (bancs, signalisation, éclairage) ;
  • marquage clair des points d’arrêt.
  1. Encadrement du commerce informel
  • création de micro-marchés organisés ;
  • relocalisation des vendeurs hors des axes routiers ;
  • délimitation stricte des espaces commerciaux.
  1. Amélioration de la circulation
  • mise en place de voies dédiées aux transports publics ;
  • création de parkings pour poids lourds ;
  • sécurisation des passages piétons ;
  • installation de feux de signalisation aux carrefours.
  1. Renforcement de la gouvernance urbaine

L’étude insiste sur la nécessité d’une coordination entre :

  • la mairie de Mont-Ngafula ;
  • les services techniques ;
  • la police de circulation ;
  • les transporteurs ;
  • les commerçants.

Un cadre de concertation permanent est proposé pour assurer le suivi des réformes.

Un enjeu majeur pour l’avenir de la mobilité à Kinshasa

Au-delà du tronçon étudié, cette recherche met en évidence un problème structurel de planification urbaine dans la capitale congolaise. L’absence de gestion intégrée des transports et de l’espace public entraîne une saturation chronique des axes stratégiques.

Pour l’auteur de l’étude, la solution passe par une approche globale combinant infrastructures modernes, régulation stricte et intégration du commerce informel dans l’aménagement urbain.

Le tronçon Cité verte – Mitendi apparaît comme un exemple représentatif des défis de mobilité à Kinshasa. Entre congestion, désorganisation des arrêts de bus et occupation anarchique de la voie publique, la situation appelle des réformes urgentes.

Mais l’étude montre aussi qu’une transformation est possible : avec une planification adaptée et une gouvernance renforcée, cet axe stratégique pourrait devenir un véritable modèle de mobilité urbaine durable dans la capitale congolaise.

Rédaction

Laisser un commentaire

Vous avez peut-être manqué ceci ?