RDC : Le scandale Mutamba s’alourdit, l’ex-ministre évoque la mort de la maîtresse Elombe dans une missive explosive

Deux mois après son arrestation et sa condamnation, l’ancien ministre de la Justice congolais a fait parvenir une missive manuscrite de 13 pages, datée du 7 novembre, dans laquelle il règle ses comptes avec le système judiciaire et les collaborateurs du président Félix Tshisekedi.

Condamné à trois ans de travaux forcés et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics dans le cadre du projet de construction d’une prison à Kisangani, l’ex-ministre dénonce une instrumentalisation de la justice et un « complot politique » orchestré au sommet de l’État.

Le cœur de la lettre est une dénonciation virulente des conséquences humaines de cette lutte politique. L’ancien ministre fustige les condamnations qu’il juge « injustes » de ses soutiens, mais surtout, il pointe du doigt les pertes en vies humaines.

Il précise que « d’autres ont perdu leurs vies, à l’instar de la maîtresse Bonnette Elombe », célèbre enseignante dont la gaieté pédagogique était largement partagée sur les réseaux sociaux. Cette mention, qui fait de la maîtresse Elombe une victime collatérale du conflit, renforce l’accusation d’assassinats politiques portés contre ses adversaires.

L’ancien ministre de la Justice, qui se dit victime d’un « cancer destructeur » de corruption rongeant la RDC, qualifie les accusations de détournement de fonds (notamment un dossier impliquant 19 millions de dollars) de « fabriquées de toutes pièces ».

Il dénonce un système judiciaire « miraculeusement transformé » pour servir des fins politiques, fustigeant les violations flagrantes des règles de procédure, les privations de droits fondamentaux, l’incompatibilité des votes à l’Assemblée nationale et les requêtes sélectives du procureur général. Il y voit un « déni de justice » qui confirme l’existence d’un « complot politique » visant à « humilier tout un pays, le continent, et le chef de l’État. »

Paradoxalement, l’ancien ministre préserve Félix Tshisekedi, qu’il estime être la victime d’un « réseau » malveillant. Il accuse les collaborateurs du Président de protéger des acteurs malveillants et de fabriquer de faux dossiers pour discréditer leurs rivaux.

Le détenu détaille également ses conditions d’emprisonnement, évoquant une privation de liberté sans base légale depuis le 2 septembre, marquée par l’absence de soins médicaux appropriés, de communication, de soleil et d’air naturel. Il accuse les « réseaux mafieux politico-judiciaires » d’avoir déployé « plus de 2 millions de dollars américains dans les médias pour [le] salir. »

Malgré son épreuve, l’ancien ministre conclut sa missive par un hommage aux figures emblématiques de l’indépendance africaine (Lumumba, Sankara, Mandela, etc.). Il appelle la nouvelle génération panafricaine et congolaise à la « mobilisation sans faille » contre les « assassinats physiques et politiques » et à prendre les rênes du destin national.

La rédaction

Laisser un commentaire

Vous avez peut-être manqué ceci ?