Algérie-Maroc : la pollution d’un cours d’eau transfrontalier provoque une nouvelle crise diplomatique

L’Algérie accuse des usines de la ville marocaine d’Oujda de rejeter des déchets toxiques dans l’oued Mouilah, une rivière qui traverse la frontière. Face aux risques importants pour la santé et l’agriculture dans la région de Tlemcen, Alger envisage de porter l’affaire devant la justice internationale.

Le conflit entre l’Algérie et le Maroc s’déplace désormais sur le terrain de l’environnement. Au cœur du problème : l’oued Mouilah, un cours d’eau qui prend sa source au Maroc avant de couler vers l’ouest de l’Algérie. Selon des révélations faites fin octobre 2026 lors d’une conférence scientifique à Tlemcen, environ 400 usines marocaines installées à Oujda y déverseraient des produits chimiques nocifs.

De graves menaces sur l’eau et l’agriculture algérienne

Cette pollution touche directement le barrage algérien de Hammam Boughrara, une réserve d’eau essentielle pour les habitants de la région. Des analyses présentées par des experts algériens montrent que la concentration de métaux lourds dans l’eau dépasse largement les normes mondiales.
Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles : des milliers d’hectares de terres agricoles sont pollués, et des éleveurs locaux affirment avoir perdu du bétail après que les animaux ont bu l’eau de la rivière. Cette situation crée une vive inquiétude pour la santé des populations et la sécurité alimentaire.

Alger prépare une action en justice contre Rabat

Face à ce qu’elle qualifie de catastrophe écologique, l’Algérie rassemble des preuves scientifiques et des échantillons d’eau pour construire un dossier juridique solide. Les autorités algériennes, conseillées par des spécialistes comme l’ancien ministre des Ressources en eau Mustapha Kamel Mihoubi, prévoient de saisir les tribunaux internationaux pour forcer le Maroc à protéger cette ressource partagée.

L’eau, nouvelle arme d’une rivalité historique
Cette nouvelle crise s’ajoute à une liste déjà longue de disputes entre les deux voisins africains, qui ont rompu leurs liens diplomatiques depuis août 2021. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la gestion de l’eau s’invite dans leur conflit.

L’année dernière, un autre barrage marocain sur l’oued Guir avait déjà été accusé par Alger d’assécher des terres algériennes. Pour le moment, ces accusations proviennent essentiellement du côté algérien, et le gouvernement marocain n’a pas encore apporté de réponse officielle officielle détaillée à ce sujet.

Dans une région fortement touchée par la sécheresse, le partage et la protection de l’eau deviennent plus que jamais un sujet politique brûlant.

Zacharie Biletshi

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