RDC : à Isiro, le gouverneur Jean Bakomito mobilise le Haut-Uélé contre le FRN de Joseph Kabila

Le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, a conduit samedi 17 octobre une marche de mobilisation contre le Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila. À Isiro, les manifestants ont réaffirmé leur soutien au président Félix Tshisekedi et aux institutions de la République, dans un contexte de tensions politiques et sécuritaires liées au conflit dans l’est de la RDC.

La réponse du Haut-Uélé à la création du Front pour la refondation de la nation (FRN) s’est exprimée dans les rues d’Isiro. À l’appel du gouverneur Jean Bakomito Gambu, des milliers de personnes ont participé, samedi 17 octobre, à une marche destinée à dénoncer cette nouvelle coalition politico-militaire et à défendre l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

Partie du quartier Tuluba, dans la commune de Mendambo, la procession a traversé plusieurs artères de la ville sur un parcours annoncé de plus de 15 kilomètres, avant de converger vers le rond-point Lumumba, devant le siège du gouvernorat.

La mobilisation a réuni le président de l’Assemblée provinciale, des députés, des ministres provinciaux, des responsables administratifs, des mouvements de jeunesse, des associations de femmes maraîchères, des conducteurs de taxi-moto et des militants de l’Union sacrée de la nation.

Face à la foule, Jean Bakomito Gambu a rejeté toute idée d’une participation du Haut-Uélé à une rébellion contre les institutions congolaises.

« Le Haut-Uélé n’a envoyé aucun de ses enfants dans une rébellion pour tuer ses propres compatriotes », a déclaré le gouverneur, appelant la population à la vigilance et à l’unité derrière le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Le FRN, nouvelle étape dans la crise politique et sécuritaire

Cette manifestation intervient quelques jours après l’annonce, le 12 octobre à Goma, de la création du FRN par Joseph Kabila. L’ancien président congolais, qui a dirigé le pays de 2001 à 2019, prend la tête de cette coalition qui rassemble les forces précédemment regroupées au sein de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 Mars (M23). Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa figurent parmi ses principaux dirigeants.

Le changement de nom s’accompagne de sa volonté de présenter le mouvement comme une force politique à vocation nationale, au-delà de ses positions dans l’est du pays. Le FRN affirme vouloir mettre fin à ce qu’il considère comme une dérive du pouvoir de Kinshasa, y compris par le recours à la force.

Cette recomposition intervient alors que le conflit dans l’est de la RDC continue de peser sur la stabilité du pays et sur les efforts diplomatiques engagés pour parvenir à un règlement. La nouvelle structure affirme reprendre les engagements pris dans le cadre des négociations de Doha, mais les perspectives d’une paix durable restent incertaines.

Le Haut-Uélé affiche son opposition

Avant la marche, le gouverneur avait déjà condamné la création du FRN dans une communication rapportée par plusieurs médias locaux. Il avait notamment estimé que les ambitions politiques ne pouvaient primer sur les intérêts supérieurs de la nation, appelant les forces vives de la province à faire preuve de vigilance.

Les chefs coutumiers ont également pris la parole pendant la mobilisation du 17 octobre. Ils ont rejeté les tentatives de déstabilisation et appelé les communautés locales à préserver la paix, la cohésion sociale et les efforts de développement engagés dans la province.

Au-delà de cette démonstration de soutien aux institutions, les autorités provinciales, veulent montrer, à travers cette mobilisation d’Isiro, qu’ils restent déterminés à empêcher que la nouvelle configuration politico-militaire dirigée par Joseph Kabila ne trouve un écho dans le Haut-Uélé.

Ben Tshokuta

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