Gueere au Yémen : Mohammed ben Salmane refuse de s’allier à Israël contre les Houthis
Malgré l’insistance des États-Unis, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a catégoriquement rejeté la demande d’Israël de s’associer à son offensive militaire contre les Houthis au Yémen. Cette proposition d’alliance émanait directement du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Le plan d’Israël : s’unir pour se protéger et normaliser les relations
Face à la multiplication des attaques de drones et de missiles menées par les rebelles houthis (soutenus par l’Iran), Israël cherche à intégrer la coalition militaire ou à mener des frappes communes. Pour l’État hébreu, cette coopération visait un double objectif : sécuriser la mer Rouge et ouvrir la voie à un accord historique de normalisation diplomatique avec l’Arabie saoudite, dans la lignée des Accords d’Abraham.
La médiation américaine se heurte à un mur
Pour soutenir Israël, l’administration américaine du président Donald Trump a multiplié les efforts diplomatiques en coulisses. Washington sert déjà de pont via le CENTCOM (le Commandement central américain) pour partager des renseignements tactiques et des images satellites avec Riyad afin de protéger les installations saoudiennes.
Cependant, la diplomatie américaine n’a pas réussi à transformer cette aide technique en une alliance de combat officielle. Selon des sources diplomatiques, Mohammed ben Salmane refuse d’engager ses armées aux côtés d’Israël. Le prince héritier craint la réaction de l’opinion publique saoudienne, très solidaire de la cause palestinienne depuis le début de la guerre à Gaza. Riyad continue d’ailleurs de conditionner toute alliance officielle à des avancées concrètes vers la création d’un État palestinien.
Une guerre aux conséquences dévastatrices
Ce refus saoudien survient alors que le conflit s’envenime à nouveau après une période de calme. Les Houthis ont multiplié les tirs de missiles sur le territoire saoudien. Des frappes inédites ont touché l’aéroport international de Riyad, faisant des morts et paralysant le trafic aérien. Les sites pétroliers de la compagnie Aramco ont aussi été visés, ce qui menace l’économie du pays. Les rebelles ont renforcé leurs positions près du détroit stratégique de Bab el-Mandeb. Ce blocage perturbe fortement les exportations de pétrole saoudien et met en péril le commerce international en mer Rouge.
Au Yémen, la reprise des combats et des raids aériens aggrave la situation de la population. Les affrontements autour de villes comme Taëz font de nombreuses victimes chaque jour, et l’ONU redoute un effondrement total des hôpitaux et des services publics.
En opposant un refus net à Benjamin Netanyahu, Riyad choisit la prudence politique. L’Arabie saoudite refuse de se mettre à dos le monde arabe, préférant gérer la menace houthie seule ou avec l’appui logistique discret des Américains.
Mulebourg



Laisser un commentaire