RDC : de la présidence à la rébellion, Joseph Kabila prend la tête d’un nouveau groupe armé
L’ancien président Joseph Kabila a officiellement pris la tête d’un nouveau mouvement rebelle en République Démocratique du Congo, appelé le Front pour la Refondation de la Nation (FRN). Cette nouvelle coalition rassemble les rebelles de l’AFC/M23, la milice Twirwaneho et toutes les forces politiques et militaires opposées à l’actuel président Félix-Antoine Tshisekedi. Sur le terrain, ces groupes armés occupent déjà plusieurs zones de l’Est du pays, notamment la ville stratégique de Goma.
Selon des sources proches de la rébellion, le FRN a une direction collective. L’ancien président de la CENI Corneille Nangaa, le chef politique du M23 Bertrand Bisimwa et le chef de guerre Kainiki Freddy sont nommés vice-présidents. Le général rebelle Sultani Makenga devient le chef d’état-major de cette armée.
La fin d’une longue période de rumeurs et de soupçons
Cette alliance publique avec la rébellion arrive seulement trois jours après un message très marquant de l’ancien président. Le vendredi 9 octobre 2026, Joseph Kabila s’était adressé a la nation sous un discours intitulé : « Le pays est en péril : ne pas agir, c’est être complice ». C’était sa deuxième prise de parole publique depuis qu’il a quitté le pays pour l’exil. Dans ce discours très dur, il a attaqué le gouvernement de Kinshasa, en affirmant que le pouvoir de son successeur est injuste et cruel. Joseph Kabila compare Félix Tshisekedi à un dirigeant terrible de l’histoire. À la fin de son message, Kabila promettait d’annoncer très vite des actions concrètes pour changer les choses au Congo. Aujourd’hui il annonce la création de FRN.
Pendant de longs mois, le rôle exact de Joseph Kabila a provoqué de grands débats dans la société civile et dans les médias de la RDC. Beaucoup d’observateurs et de journalistes disaient que l’ancien président était le vrai chef caché de l’AFC/M23, un mouvement qui reçoit une aide importante du Rwanda, le pays voisin. En juillet 2026, un rapport d’experts des Nations Unies (ONU) avait d’ailleurs apporté des preuves. Ce rapport expliquait que la rébellion changeait son organisation interne pour placer Joseph Kabila à sa tête. Selon l’ONU, le but de cette stratégie était de montrer des dirigeants congolais pour cacher l’implication du Rwanda dans le conflit.
De la présidence à la rébellion
Le gouvernement de Kinshasa n’avait pas attendu cette annonce officielle pour accuser l’ancien président. Lors d’un voyage officiel en Allemagne, le président Félix-Antoine Tshisekedi avait parlé clairement devant les journalistes internationaux. Il avait désigné directement Joseph Kabila comme le donneur d’ordres et le chef de la rébellion de l’AFC/M23. Après cela, la justice militaire congolaise avait condamné Joseph Kabila à la peine de mort par contumace (c’est-à-dire en son absence) à la fin de l’année 2025 pour « trahison » et « crimes de guerre ». Cette condamnation avait définitivement brisé les liens entre les deux hommes.
Ce choix de basculer dans la clandestinité et dans la guerre armée est un tournant historique pour la RDC. Joseph Kabila a dirigé le pays d’une main de fer pendant 18 ans, de 2001 à 2019. Il était arrivé au pouvoir après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila.
En janvier 2019, il avait organisé la toute première passation pacifique du pouvoir au Congo en laissant sa place à Félix Tshisekedi. Sept ans plus tard, l’homme qui était le protecteur des institutions et de la Constitution du pays choisit la voie des armes pour attaquer le régime en place qui l’avait lui-même installé. FRN a comme annoncé, a pour mission de renverser le pouvoir de Félix Tshisekedi.
Mulebourg



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