Journée internationale des coopératives : Grégoire Mutshail appelle à une mobilisation nationale pour relancer les économies rurales

À l’occasion de la Journée internationale des coopératives, célébrée chaque 04 juillet, la ville de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, a accueilli ce samedi une importante cérémonie consacrée à la promotion du mouvement coopératif en République démocratique du Congo. Autorités nationales et provinciales, responsables des sociétés coopératives, partenaires techniques ainsi que plusieurs acteurs du développement rural ont pris part à un atelier d’échanges axé sur le partage d’expériences, le renforcement des capacités et la valorisation des coopératives comme moteurs du développement économique et social.

Les travaux ont été officiellement ouverts à l’Université de Kindu par le ministre du Développement rural, Grégoire Mutshail Mutomb, qui a rappelé le rôle stratégique des coopératives dans la transformation des milieux ruraux, la création d’emplois, la lutte contre la pauvreté ainsi que la consolidation de la cohésion sociale.

Dans son allocution, le ministre a souligné que cette édition 2026 revêt une portée particulière. Instituée en 1923 par l’Alliance Coopérative Internationale et reconnue officiellement par les Nations Unies en 1995, la Journée internationale des coopératives célèbre cette année sa 104ᵉ édition et la 32ᵉ célébration officielle des Nations Unies.

Le thème retenu au niveau international, « Les coopératives au service de la paix dans le monde », s’inscrit dans le prolongement de la Conférence mondiale 2026 de l’Alliance Coopérative Internationale placée sous le slogan « Construire des ponts : les contributions des coopératives en faveur de la paix dans le monde ».

Selon Grégoire Mutshail Mutomb, ce choix traduit la capacité des coopératives à rapprocher les communautés, à favoriser le dialogue, à renforcer la résilience économique et à promouvoir une société plus inclusive. Il a indiqué que les coopératives constituent aujourd’hui des instruments capables de consolider la paix, tout en contribuant à la réalisation de l’Objectif de développement durable 16 consacré à la paix, à la justice et aux institutions efficaces.

Un thème national centré sur la paix et la sécurité en RDC

Face au contexte sécuritaire marqué par la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo, le gouvernement a décidé d’adapter cette célébration aux réalités nationales en retenant comme thème : « Les coopératives, un des enjeux majeurs pour la paix et la sécurité en République démocratique du Congo ».

Le ministre a estimé que ce thème répond aux défis auxquels le pays est confronté, notamment l’agression dans sa partie orientale, et rappelle que les coopératives peuvent jouer un rôle majeur dans la reconstruction économique, la cohésion sociale et la stabilité des communautés.

Il a cité les propos du directeur de l’Alliance Coopérative Internationale, Jeroen Douglas, selon lesquels les coopératives ne favorisent pas seulement l’absence de conflits, mais renforcent également la justice sociale, l’inclusion, la confiance et la solidarité, considérées comme les fondements d’une paix durable.

Pour le gouvernement congolais, ces structures constituent des espaces privilégiés de participation démocratique, de développement économique local et de création d’opportunités pour les populations rurales.

Le gouvernement accélère la réforme du secteur coopératif

Au cours de son intervention, Grégoire Mutshail Mutomb a présenté les principales orientations du gouvernement pour renforcer durablement le mouvement coopératif sous la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et sous l’impulsion de la Première ministre Judith Suminwa.

Trois priorités ont été définies par le ministère du Développement rural.

La première concerne l’opérationnalisation du Registre national des sociétés coopératives afin de doter chaque coopérative d’une personnalité juridique officielle, condition essentielle pour sécuriser ses activités et développer des partenariats crédibles.

La deuxième priorité porte sur le renforcement du secteur agricole à travers la structuration des producteurs autour des coopératives multisectorielles et des filières porteuses afin de soutenir les économies rurales et renforcer la souveraineté alimentaire.

Enfin, le gouvernement entend faciliter l’accès aux financements bancaires et aux institutions de microfinance grâce à l’immatriculation officielle des coopératives, permettant ainsi aux petits producteurs et aux communautés rurales de bénéficier plus facilement de crédits et d’investissements.

Le ministre est également revenu sur l’atelier national organisé en décembre 2025 consacré à la structuration et à l’accompagnement des coopératives. Cette rencontre avait permis l’élaboration d’une feuille de route dont la mise en œuvre a déjà commencé avec le lancement d’une vaste cartographie nationale des coopératives.

À cette occasion, il a invité l’ensemble des responsables des sociétés coopératives à se rapprocher des coordinations provinciales ainsi que de la Direction du Service national des coopératives et des organisations paysannes afin de procéder à leur identification, leur enregistrement et leur immatriculation officielle.

Organisée cette année à Kindu, cette célébration poursuit également plusieurs objectifs spécifiques, notamment sensibiliser davantage les autorités et les différents acteurs au rôle des coopératives, lancer officiellement le processus d’enregistrement des coopératives dans la province du Maniema, remettre les registres provinciaux et les documents administratifs aux coordinations concernées, mais aussi renforcer le mouvement coopératif à travers l’identification et l’inventaire des organisations rurales et périurbaines sur toute l’étendue du territoire national.

En clôturant son discours, Grégoire Mutshail Mutomb s’est montré optimiste quant à l’avenir du secteur coopératif. Il a affirmé que des coopératives mieux organisées, régulièrement accompagnées et correctement financées permettront de revitaliser durablement les milieux ruraux congolais, de créer des emplois, de stimuler les économies locales et de renforcer la paix ainsi que la solidarité entre les communautés.

Pour le gouvernement, le développement du mouvement coopératif constitue désormais l’un des piliers essentiels de la stratégie nationale de développement rural et un levier incontournable pour bâtir une croissance inclusive au bénéfice des populations rurales et périurbaines de la République démocratique du Congo.

Rédaction

Laisser un commentaire

Vous avez peut-être manqué ceci ?