Monde : faute d’argent, l’ONU est obligée de couper l’aide alimentaire à 500 000 personnes à Gaza
Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU a annoncé ce lundi qu’un grave manque de financement le contraindrait à mettre fin à l’aide alimentaire mensuelle pour environ 500 000 personnes dans la bande de Gaza. L’agence réduit ainsi sa portée de 1,6 million à 1,1 million de bénéficiaires, juste à l’approche de l’hiver.
Avec ces restrictions, 1,1 million de Palestiniens à Gaza, ce qui représente toujours environ la moitié de la population recevront chaque mois soit de la nourriture, soit une aide financière de la part de l’agence onusienne, mais en quantités réduites.
Le Programme alimentaire mondial a déclaré que ses efforts avaient atténué les effets de la famine l’année dernière à Gaza, une évaluation de la situation pourtant contestée par Israël et a averti que les conditions ne s’étaient pas améliorées au point de pouvoir retirer cette aide.
« Cela a été une bouée de sauvetage. Mais aujourd’hui, au lieu de pouvoir maintenir et intensifier cette aide, nous devons en réalité la réduire », a déclaré Shaun Hughes, le directeur du PAM pour la région, à l’AFP dans les bureaux de l’agence à Jérusalem-Est avant d’ajouter : « Et ce n’est pas parce que nous manquons d’accès humanitaire pour livrer de la nourriture ; c’est parce que nous manquons de financements. »
Selon les dernières évaluations, 1,4 million de personnes soit les deux tiers de la population de Gaza souffrent toujours d’une « insécurité alimentaire aiguë » et ont besoin d’aide humanitaire pour survivre. Les Palestiniens vivant à Gaza, où la quasi-totalité de la population a été déplacée au moins une fois, ont exprimé leur inquiétude face à ces coupes budgétaires.
« Le plus difficile pour une mère est de voir ses enfants avoir faim et de ne pas pouvoir leur donner à manger », a confié une mère de 45. « Nous vivons dans une tente et nous n’avons pas d’argent pour acheter ce dont nous avons besoin. « Tout ce que nous voulons, c’est que nos enfants aient quelque chose à manger chaque jour. Les conséquences de tout cela vont être extrêmement difficiles. » a t-elle demandé.
Un autre habitant de la ville de Gaza, a qualifié la nouvelle de ces suppressions d’aide d’« effrayante ». « Cette aide nous permettait de nous en sortir pendant quelques jours, mais maintenant nous ne savons pas comment nous allons subvenir aux besoins de notre famille, surtout depuis que les cuisines communautaires de Gaza ont cessé de fonctionner il y a quelque temps », a-t-il expliqué. « Il n’y a pas non plus de travail ni de revenu régulier, et le prix de la nourriture dépasse nos moyens. Si l’aide s’arrête de tous les côtés, comment allons-nous nourrir nos enfants ? » s’est-il interrogé.
Le PAM avait pu acheminer davantage d’aide après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu négocié par les États-Unis il y a un an. Israël a continué de frapper Gaza depuis lors, jurant de tuer quiconque était impliqué dans l’attaque du 7 octobre. Entre 1,5 million et 1,8 million de personnes recevaient une aide chaque mois.
En plus de réduire le nombre de bénéficiaires des rations, le PAM va en diminuer le contenu. Les familles recevant une aide alimentaire ne recevront plus qu’un seul colis de nourriture au lieu de deux, ainsi qu’un sac de farine de blé plus petit, a indiqué le PAM dans une note opérationnelle.
Les 75 000 familles qui reçoivent une aide financière verront le montant mensuel passer de 1 250 à 750 shekels (soit de 400 à 240 ).
Le PAM est financé par des gouvernements ainsi que par des donateurs privés. Il a connu une baisse brutale de ses ressources, notamment après le retour au pouvoir du président Donald Trump aux États-Unis, qui a drastiquement sabré les contributions aux agences de l’ONU ainsi que l’aide bilatérale.
L’agence affirme avoir besoin d’environ 450 millions de dollars au cours des six prochains mois pour ses opérations à Gaza et en Cisjordanie, mais en 2026, elle n’a reçu qu’environ la moitié de son financement habituel pour les territoires palestiniens.
En septembre, l’agence avait également réduit de moitié le nombre de bénéficiaires de l’aide en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, le faisant passer de 400 000 à 200 000 personnes.
Israël a autorisé l’entrée de davantage de marchandises à Gaza selon les termes du cessez-le-feu de Trump, mais continue de rejeter les cargaisons de tout ce qui est considéré comme ayant un usage militaire potentiel une politique qui inclut le blocage de prothèses médicales de membres, selon les Nations Unies.
Israël a intensifié ses critiques de longue date envers les Nations Unies depuis la guerre de Gaza, accusant l’organisation mondiale de partialité et de perpétuer la dépendance des Palestiniens.
Mulebourg



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