RDC : l’ACAJ saisit l’IGF pour enquêter sur les 50 millions USD destinés à la riposte contre Ebola

L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) a saisi l’Inspection générale des finances (IGF) pour demander un audit sur l’utilisation des 50 millions de dollars américains mobilisés par le gouvernement congolais pour lutter contre Ebola. Cette démarche intervient dans un contexte de controverse sur la traçabilité de plus de 700 millions de dollars de financements internationaux destinés à la riposte contre l’épidémie.

Dans un communiqué publié le 17 octobre 2026 à Kinshasa, l’ACAJ affirme que plusieurs informations concordantes font état d’une utilisation opaque des fonds consacrés à la lutte contre le virus. L’organisation demande à l’IGF de vérifier précisément l’affectation des 50 millions de dollars mis à la disposition du ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale.

L’association réclame également que les conclusions de l’audit soient transmises à l’autorité judiciaire compétente, afin que les éventuelles irrégularités puissent faire l’objet d’un examen judiciaire.

Une polémique sur la traçabilité des financements internationaux

La démarche de l’ACAJ intervient après les alertes lancées par Africa CDC sur le suivi des financements internationaux. Le 14 octobre, son directeur général, Jean Kaseya, a indiqué que les bailleurs déclaraient avoir décaissé 962 millions de dollars au profit des partenaires de mise en œuvre, mais que seuls un peu plus de 200 millions avaient pu être retracés jusqu’aux structures intervenant sur le terrain.

Le ministère congolais de la Santé a, de son côté, annoncé que 25 structures sur les 97 engagées dans la riposte avaient répondu aux exigences de justification et d’accréditation. Les 72 autres ne sont plus autorisées à poursuivre leurs activités sur le terrain sans accréditation officielle, selon les déclarations du ministre Roger Kamba rapportées le 15 octobre.

Une distinction importante s’impose toutefois : les plus de 700 millions de dollars dont la traçabilité est contestée correspondent à des financements internationaux destinés aux partenaires de mise en œuvre. Selon les autorités congolaises, ces fonds n’ont pas été versés au Trésor public. Les 50 millions de dollars visés par la demande d’audit de l’ACAJ constituent, eux, la contribution annoncée par le gouvernement congolais pour financer le plan national de riposte.

Un enjeu de transparence en pleine urgence sanitaire

La question de la gestion des ressources intervient alors que l’épidémie continue de peser lourdement sur le pays. Selon Reuters, la RDC avait enregistré, au 16 octobre 2026, un total cumulé de 9 415 cas d’Ebola et 4 536 décès. L’épidémie s’était également étendue à la province du Nord-Ubangi, portant à huit le nombre de provinces touchées.

En sollicitant l’IGF, l’ACAJ demande donc que la contribution financière de l’État fasse l’objet d’un contrôle distinct et que ses conclusions soient soumises à la justice. L’objectif est de clarifier l’utilisation des fonds publics mobilisés contre Ebola et de déterminer si leur affectation respecte les obligations de transparence et de redevabilité.

Rédaction

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