Nigeria : 62 morts et plus de 5 000 déplacés après une attaque armée
Au moins 62 personnes ont été tuées et 52 autres blessées lors d’une attaque menée par des hommes armés dans le village de Binnari, dans l’État de Taraba, au Nigeria. Survenue le vendredi 23 octobre 2026, cette attaque a également contraint plus de 5 000 habitants à fuir leurs maisons.
Des maisons et des commerces incendiés
Selon l’Agence nationale de gestion des urgences du Nigeria (NEMA), l’attaque a touché 7 123 personnes et provoqué le déplacement de 5 187 habitants dans la zone de Muri C, située dans le territoire administratif de Karim-Lamido.
Les assaillants, présentés comme des bandits armés circulant à moto, auraient ouvert le feu sur les habitants, pillé des commerces et incendié des maisons, des réserves de nourriture et des motos. L’attaque s’est produite peu après les prières musulmanes du vendredi, selon la police locale.
Le bilan initial était inférieur à 50 morts. Il a ensuite été revu à la hausse à mesure que de nouveaux corps étaient retrouvés. Selon des informations rapportées par l’Associated Press, 52 corps avaient été récupérés, dont 15 dans le fleuve Benue. Les opérations de recherche se poursuivaient, laissant craindre une possible évolution du bilan.
Les autorités mobilisées face à l’urgence humanitaire
Face à la situation, la NEMA a indiqué travailler avec l’agence de gestion des urgences de l’État de Taraba et les autorités locales afin d’évaluer les besoins des victimes et des personnes déplacées, puis de faciliter l’aide humanitaire.
Dès le 25 octobre, la télévision nigériane Channels Television rapportait également la distribution de produits de première nécessité aux habitants touchés par l’attaque. La police a, de son côté, annoncé le déploiement de renforts comprenant plusieurs unités policières et des militaires pour renforcer la sécurité et rechercher les responsables.
Une insécurité persistante dans les zones rurales
Le Nigeria fait face à plusieurs formes de violence. Certaines régions sont confrontées à l’insurrection de groupes jihadistes, notamment Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest. D’autres subissent les attaques de bandes criminelles appelées localement « bandits », qui ciblent des villages, enlèvent des personnes contre rançon et s’attaquent aux activités agricoles et minières.
Après les violences de Binnari, Amnesty International Nigeria a dénoncé le manque de protection des communautés rurales et appelé les autorités à enquêter de manière impartiale sur l’attaque. L’organisation demande également que les survivants bénéficient d’une aide adaptée.
Pour les habitants déplacés, l’urgence reste désormais d’accéder à un abri, à de la nourriture et aux soins, tandis que les autorités doivent renforcer leur protection afin d’éviter de nouvelles attaques.
Zacharie biletshi



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