Guerre au Soudan : la famine entraîne la population à consommer « même les plantes sauvages»
La République du Soudan est actuellement plongée dans une crise humanitaire sans précédent, marquée par une famine intense, où des millions de personnes peinent à trouver de quoi se nourrir, et beaucoup se tournent vers les plantes sauvages et les mauvaises herbes pour apaiser les douleurs de la faim. Selon Africa News, les populations touchées par le conflit se voient contraintes de faire bouillir ces plantes dans de l’eau salée, faute de meilleures options.
Leni Kinzli, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) pour le Soudan, a déclaré que les aliments consommés par ces familles sont souvent des restes et des coquilles d’arachides, habituellement réservées au bétail. « Ce sont des situations extrêmes auxquelles les gens doivent recourir pour survivre», a-t-il affirmé, notant que certains se nourrissent également d’herbes et de feuilles.
Cette crise alimentaire est exacerbée par la guerre, qui a fait exploser les prix des denrées, entravé l’acheminement de l’aide humanitaire et réduit les terres agricoles dans un pays qui était autrefois le grenier de la région. Selon les agences humanitaires, près de 24,6 millions de personnes au Soudan souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, représentant presque la moitié de la population. Des régions comme Gezeira, la majeure partie du Darfour et Khartoum, y compris Jebel Aulia, sont particulièrement menacées par la famine. Dans le nord du Darfour, certains ont même recours à sucer du charbon pour atténuer leur faim.
Dans le sud-ouest du Soudan, à Nyala, la capitale du Sud-Darfour, les habitants dépendent des cultures, mais les terres agricoles sont de plus en plus menacées par les combats et le manque de ressources.
Histoquement, le conflit a éclaté en avril 2023, lorsque les tensions entre l’armée soudanaise et les RSF se sont intensifiées, entraînant des combats à Khartoum et dans tout le pays. Cette guerre a causé la mort de plus de 20 000 personnes et déplacé près de 13 millions d’individus, plongeant de nombreuses familles au bord de la famine, dans ce que les travailleurs humanitaires qualifient de plus grande crise alimentaire au monde.
Les récents combats Zamzam ont aggravé la situation humanitaire, forçant de nombreuses personnes à fuir vers des zones plus sûres. Des témoignages de travailleurs humanitaires font état de décès parmi les personnes âgées, les femmes enceintes et les enfants, en raison de la faim et du manque de soins médicaux.
Mulebourg



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