Soudan : plus de 160 morts dans plusieurs attaques de drones à travers le pays

Une série d’attaques de drones a fait plus de 160 morts en quelques jours au Soudan. Les frappes ont touché les régions du Kordofan occidental, du Darfour du Sud et du Nil-Bleu. Ces bombardements ont eu lieu entre le vendredi 16 et le lundi 19 octobre 2026. Ils ont visé des zones où se trouvaient des civils. Pendant ce temps, les combats entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) continuent depuis avril 2023.

Le média Al Jazeera a, hier partagé des informations venant de médecins, de témoins et de défenseurs des droits humains. Selon ces sources, l’attaque la plus grave s’est passée dimanche à Al-Dibab, dans le Kordofan occidental. Au total, cette nouvelle vague de frappes a tué plus de 160 personnes.

Une attaque terrible près d’un marché


À Al-Dibab, un drone a frappé un lieu de transport près d’un marché dimanche soir. Des habitants s’y trouvaient pour chercher un véhicule et rentrer dans leurs villages après le marché. Des témoins et des médecins affirment qu’au moins 80 personnes sont mortes sur le coup ou juste après l’explosion.

Une source médicale a expliqué que 47 blessés ont été conduits à l’hôpital de la ville voisine d’Al-Mujlad. Parmi eux, 30 sont morts à cause de leurs blessures. Le bilan de cette seule attaque est donc d’environ 110 morts. Le groupe politique des FSR (appelé Tasis) et l’organisation Emergency Lawyers accusent l’armée d’avoir programmé cette frappe. Pour le moment, l’armée n’a pas répondu à ces accusations.

D’autres attaques ont eu lieu dans le pays. À Nyala, la capitale du Darfour du Sud, une frappe de drone a fait 17 morts, dont sept militaires des FSR, et 23 blessés. Ce bilan vient de sources médicales et militaires. Dans la province du Nil-Bleu, une autre attaque s’est produite le vendredi 16 octobre. L’organisation Emergency Lawyers accuse les FSR d’avoir visé un groupe de personnes déplacées près de la frontière avec l’Éthiopie. Cette frappe a fait 41 morts. Pour toutes ces attaques, il est difficile de vérifier exactement ce qui s’est passé et qui est le vrai coupable.

L’ONU s’inquiète pour les civils

La capitale, Khartoum, a aussi été touchée lundi 19 octobre. Une frappe de drone a tué trois enfants de deux, quatre et six ans dans le quartier d’Imtidad Nasser, tout près de l’aéroport. L’organisation Emergency Lawyers pense que cette attaque vient des FSR. Un habitant a raconté à l’agence Associated Press qu’il avait vu un drone voler vers l’aéroport avant d’entendre une grosse explosion. Les FSR n’ont pas encore donné leur version des faits.

L’Organisation des Nations unies (ONU) a partagé sa grande inquiétude face à l’augmentation de ces attaques meurtrières. Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, a fermement condamné ces frappes de drones qui tuent des civils, blessent des enfants et détruisent les services importants.

Ce conflit au Soudan a commencé en avril 2023. Il oppose l’armée officielle du pays, dirigée par Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (FSR), commandées par Mohamed Hamdan Dagalo, surnommé Hemedti. La guerre s’est étendue à plusieurs régions. Elle fait souffrir la population et force les gens à fuir.

L’organisation ACLED, qui étudie les guerres, affirme qu’au moins 59 000 personnes sont mortes depuis le début du conflit. Mais les associations humanitaires pensent que le vrai chiffre est beaucoup plus élevé. De plus, environ 13 millions de personnes ont dû quitter leur maison, et 33,7 millions de personnes (dont 17,3 millions d’enfants) ont besoin d’aide pour survivre en 2026.

La crise au Soudan reste l’une des plus graves du monde. La population manque cruellement de nourriture, de médicaments et de sécurité. Les États-Unis ont demandé à l’ONU d’imposer un arrêt des combats pour aider les gens et d’interdire la vente d’armes au Soudan. Cependant, la Chine et la Russie ont refusé cette proposition.

C.Sindani