Liban : la libération d’Hannibal, fils de Mouammar Kadhafi conditionnée à 11 milliards de dollars, ses avocats s’y opposent

Les autorités libanaises ont annoncé vendredi 17 octobre dernier la possibilité de libération d’Hannibal Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, après une détention de près de dix ans. Cependant, cette décision est accompagnée d’une exigence de paiement d’une caution de 11 millions de dollars, une condition que ses avocats contestent vigoureusement.

Les avocats d’Hannibal Kadhafi affirment que la demande de caution est non seulement déraisonnable, mais aussi injustifiée. Selon eux, Kadhafi a déjà purgé une peine de prison de dix ans, et il n’a aucune obligation envers la justice libanaise.

« La caution est inutile et dénuée de sens. Il est un homme libre et innocent qui n’a rien à se reprocher dans la disparition de Moussa al-Sadr. » a déclaré l’un des avocats.

La libération de Kadhafi intervient après que ses avocats ont signalé une détérioration de son état de santé, provoqué par une grève de la faim qu’il a entamée pour protester contre sa détention sans procès. En plus de la caution, une autre condition stipule qu’il ne pourra pas quitter le Liban pendant deux mois.

Laurent Bayon, l’un de ses avocats, a exprimé de vives inquiétudes concernant la sécurité de Kadhafi au Liban, soulignant qu’il ne souhaite pas rester sous la menace d’une détention arbitraire par les autorités libanaises.

La décision de libération, bien que saluée par certains, soulève des questions sur la justice et les droits de l’homme au Liban. En 2023, la Libye avait officiellement demandé la libération de Kadhafi, invoquant des préoccupations concernant sa santé. L’équipe de défense de Kadhafi a également déposé une plainte contre l’État libanais à Genève pour détention sans procès, une affaire qui devrait être examinée en Suisse le mois prochain.

Hannibal Kadhafi a été arrêté en 2015, suite à son enlèvement par des militants libanais qui réclamaient des informations sur la disparition de Moussa al-Sadr, un éminent religieux chiite disparu en 1978. Cette affaire demeure un sujet sensible au Liban, où la famille d’al-Sadr soupçonne qu’il pourrait être vivant dans une prison libyenne, tandis que l’opinion publique estime généralement qu’il est décédé.

Mulebourg

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