Revue de presse : des révélations troublantes mettent Kabila en cause dans la rébellion
Les médias congolais et étrangers ont porté un regard attentif ce vendredi 1er août 2025, alors que le pays célèbre la journée des morts et des parents, sur l’affaire du « procès Kabila », l’ancien président de la République Démocratique du Congo, accusé d’être de mèche avec les groupes rebelles à l’est du pays pour déstabiliser le pays et le régime de Félix Tshisekedi. Jeudi 31 juillet, lors de l’audience publique, la cour militaire a présenté des vidéos comme preuves de l’implication de Joseph Kabila dans la déstabilisation du pays par la guerre.
Le média français Radio France Internationale (RFI) a rapporté des éléments à charge contre l’ex-président Joseph Kabila en écrivant q’en République Démocratique du Congo, le procès très attendu de l’ancien président s’est poursuivi ce jeudi 31 juillet devant la Haute Cour militaire. Déchu de ses immunités parlementaires en mai dernier, l’ex-chef de l’État est poursuivi pour une série de chefs d’accusation particulièrement graves notamment participation à un mouvement insurrectionnel, rapporte encore la radio française.
RFI indique que pendant plus d’une heure, la Haute Cour militaire a projeté sur un écran ce que le procureur général militaire présente comme les éléments à charge contre l’ancien président. Parmi ces éléments figure une déclaration du Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, qualifiant les violences dans l’est du pays de « crimes contre l’humanité ». L’accusation s’appuie également sur une interview en anglais de Joseph Kabila où il affirme que le M23 incarne les aspirations du peuple congolais.
Radio Okapi ajoute que parmi ces éléments figuraient également interview du prévenu réalisée en Afrique du Sud avec Thabo Mbeki, son discours prononcé à son arrivée à Goma, ainsi qu’une déclaration de son collaborateur Kikaya Bin Karubi.
Congoquotidien.com rapporte que la stratégie d’accusation s’est appuyée sur ces supports multimédias pour étayer les charges retenues contre l’ancien président, poursuivi pour des infractions d’une particulière gravité. Ce média rapporte que le parquet militaire a souligné la valeur testimoniale de ces enregistrements qui, selon l’accusation, établissent des liens tangibles entre le prévenu et les faits qui lui sont reprochés.
La radio Okapi.net, a également rapporté les principales accusations portées contre Kabila : en tant que l’un des initiateurs du mouvement politico-militaire AFC-M23, il est accusé d’avoir été soutenu par le RDF et des mercenaires étrangers dans le Nord-Kivu.
Il est aussi mis en cause pour son rôle présumé de co-auteur, via Corneille Nangaa, dans l’homicide intentionnel de 31 civils, ainsi que dans une tentative d’homicide sur 21 autres. De plus, il est accusé d’avoir participé à l’occupation armée de la ville de Goma à partir du 27 janvier 2025.
Dans le Sud-Kivu, Joseph Kabila fait face à des accusations de crimes de guerre, incluant le viol, la torture et des homicides par balles. Il lui est également reproché d’avoir fait l’apologie d’actes de terrorisme lors d’une interview accordée au Sunday Times, le 23 février dernier.
BBC News rapporte que le successeur de Kabila, le président Félix Tshisekedi, l’a accusé d’être le cerveau derrière les rebelles du M23. L’ex-président a rejeté l’accusation, la qualifiant « d’arbitraire » et a déclaré que les tribunaux étaient utilisés comme un « instrument d’oppression ». La même source révèle qu’après plusieurs heures, le procès de vendredi a été reporté à la fin du mois, suite à une demande des procureurs pour un délai supplémentaire afin d’examiner les documents.
Plusieurs médias ont également fait état des réactions politiques au début de l’affaire du camp de Joseph Kabila. BBC rappelle qu’en mai, la chambre haute du parlement a levé l’immunité de M. Kabila en tant que sénateur à vie pour permettre sa poursuite sur des accusations qui incluent la trahison, le meurtre, la participation à un mouvement insurrectionnel et l’occupation forcée de Goma. Âgé de 53 ans, Joseph Kabila a dirigé la RDC pendant 18 ans, après avoir succédé à son père, Laurent-Désiré Kabila, abattu en 2001. Joseph Kabila n’avait que 29 ans à l’époque.
Il a remis le pouvoir au président Félix Tshisekedi à la suite d’une élection contestée en 2019, mais ils se sont ensuite brouillés. Dans une vidéo sur YouTube maintenant supprimée et publiée en mai, Kabila s’en est pris au gouvernement congolais, le qualifiant de « dictature », et a déclaré qu’il y avait un « déclin de la démocratie » dans le pays.
Selon Le Monde, à l’époque, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a rejeté les allégations de Kabila, affirmant qu’il n’avait « rien à offrir au pays ».
En colère, dit BBC, lors du procès de vendredi, Ferdinand Kambere, un proche allié de Kabila ayant servi dans son parti PPRD désormais interdit, a accusé le gouvernement de « deux poids, deux mesures ». Il a déclaré que c’était trop doux pendant l’accord de paix, mais trop dur pour Kabila, ajoutant que le procès était un moyen d’exclure Kabila de la politique du pays. Un autre pilier de Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, aurait déclaré qu’un verdict de culpabilité était une conclusion acquise et que le procès n’était guère plus que du « théâtre », rapporte ce média.
Actualité.cd rapporte qu’après s’être déclarée saisie lors de la précédente audience, la juridiction militaire a reçu la constitution de partie civile de la République Démocratique du Congo. Les avocats ayant fait cette constitution à l’audience ont sollicité une remise pour leur permettre de compulser les pièces du dossier et préparer leurs défenses. Demande à laquelle la Haute Cour a accédé et a renvoyé l’affaire.
Lesmédias.net souligne que cette audience se déroule alors que Joseph Kabila demeure absent de la capitale congolaise, et qu’aucun de ses avocats ne s’est présenté jusqu’ici, ce qui suscite des interrogations sur son engagement dans le processus judiciaire. La Haute Cour militaire a déjà programmé la prochaine audience pour le 7 août 2025, conclut cette rédaction.
Rédaction



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