La RDC autorise officiellement les filles enceintes à fréquenter l’école

Alors que les cas de grossesses en milieu scolaire se multiplient à travers la RDC, le débat s’intensifie autour de la prise en charge des filles enceintes et des responsabilités à assumer dans le système éducatif.

Le 14 juillet, la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu,a signé une circulaire autorisant officiellement le maintien des filles enceintes à l’école. Objectif : garantir une éducation inclusive et mettre fin à laj stigmatisation des jeunes filles confrontées à la maternité précoce.

Cette décision a été saluée par l’ANAPECO (Association nationale des parents d’élèves et étudiants du Congo). Pour son président, Steve Diatezwa,c’est une avancée sociale nécessaire :
« Les filles enceintes ne le deviennent pas seules. Pourtant, ce sont elles qu’on sanctionne. Il était temps de réparer cette injustice. »

Il alerte sur le danger de les exclure : abandon scolaire, isolement, voire exposition à l’exploitation. L’ANAPECO appelle également à un accompagnement psychologique et pédagogique de ces élèves, pour éviter leur décrochage.j

De son côté, Félix Momat, ancien ministre et acteur engagé, appelle à aller plus loin. Dans une déclaration publique, il insiste sur la prévention en plaidant pour l’introduction systématique de l’éducation sexuelle dès le secondaire, combinée à des sanctions disciplinaires et judiciaires contre les auteurs.

« Tant que nous éviterons de parler de sexualité, de consentement et de responsabilité, les grossesses précoces continueront à ruiner l’avenir de nos filles », affirme-t-il.

Momat interpelle également les familles, enseignants et autorités : la protection des élèves est une responsabilité partagée.

Entre la protection des droits des filles, la lutte contre les abus et la nécessité d’un changement culturel, la RDC semble amorcer un tournant. Encore faut-il que la mise en œuvre suive les engagements.

Chançard Sindani

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