Commentaire sur l’accord RDC-Rwanda : seuls Patrick Muyaya et Thérèse Kayikwamba y sont autorisés

En République Démocratique du Congo, les membres du gouvernement sont désormais tenus de s’abstenir de tout commentaire concernant l’accord de paix conclu avec le Rwanda à Washington le 27 juin dernier, sous l’égide de la médiation américaine. Lors de la cinquième réunion du Conseil des ministres, la Première ministre Judith Suminwa a annoncé que seuls trois acteurs sont autorisés à s’exprimer sur cet accord : la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, qui est également le porte-parole du gouvernement, ainsi que la Cellule de communication de la Présidence de la République.

D’après Judith Suminwa, cette mesure vise à assurer une communication institutionnelle qui soit à la fois responsable, cohérente et efficace sur un sujet d’une telle sensibilité. La cheffe du gouvernement congolais souligne l’importance de maintenir une ligne claire et unifiée, surtout dans un contexte où les enjeux géopolitiques sont élevés.

Malgré cette limitation imposée aux membres du gouvernement, l’accord continue de susciter des diverses réactions au sein de l’opinion publique. D’un côté, des partis d’opposition, tels que l’ensemble pour la République de Moïse Katumbi, expriment des réserves. Ils considèrent cet accord non pas comme un véritable traité de paix, mais plutôt comme un arrangement commercial susceptible de compromettre les intérêts congolais. De l’autre, des voix comme celle d’Adolphe Muzito, leader du mouvement Nouvel Élan, voient dans cet accord un pas vers une paix durable, appelant à un dialogue interne entre Congolais pour construire un avenir serein.

Thomas Luhaka, ancien ministre et vice-Premier ministre, émet également des doutes sur les bénéfices que la RDC pourrait tirer de cet accord, tandis que certains membres du camp présidentiel le perçoivent comme une victoire diplomatique.

En parallèle, la RDC poursuit un processus de médiation à Doha avec les rebelles de l’AFC/M23, qui continuent d’occuper plusieurs localités dans l’Est du pays. Ce mouvement a posé huit conditions préalables avant toute éventuelle signature d’un nouvel accord de paix. Ce qui ajoute encore une couche supplémentaire de complexité à la situation déjà tendue.

Mulebourg

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