Détention arbitraire de l’avocat Médard Palankoy : la CCDH dénonce une violation grave des droits humains
Depuis le 14 mars 2025, Me Médard Palankoy, avocat inscrit au barreau de la RDC, est détenu illégalement par le Conseil National de la Cyberdéfense (CNC), un organe non judiciaire dépendant de la Présidence de la République. Trois mois après son enlèvement, sa famille, ses collègues et les organisations de défense des droits humains dénoncent une détention prolongée sans procès, sans notification de charges et sans accès à un avocat ou à des visites familiales.
La Chaire Congolaise des Droits de l’Homme (CCDH) et ses partenaires relèvent de multiples violations des droits fondamentaux de Me Palankoy, protégés par la Constitution congolaise et les traités internationaux : aucun motif légal de détention n’a été communiqué, en violation du droit à un procès équitable. Aucun contact avec son avocat ou sa famille n’a été autorisé, malgré les demandes répétées. Le CNC aurait sollicité la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CENAREF) pour enquêter a posteriori, une démarche jugée illégale, car l’avocat aurait dû être présenté à un juge naturel avant toute enquête.
Dans son communiqué de ce samedi 14 juin, la CCDH souligne que, conformément à l’ordonnance-loi de 1979 sur le barreau, seuls les procureurs généraux près les Cours d’Appel sont habilités à poursuivre un avocat. Le CNC, dépourvu de cette compétence, agit donc en dehors du cadre légal.
Face au silence des autorités, la CCDH et un consortium d’ONG ont lancé en avril 2025 la campagne « FreeMedardPalankoy » exigeant sa libération immédiate ou son transfert devant un juge compétent si des charges vérifiables existent.
La restitution de ses documents (passeport, etc.) saisis arbitrairement, et la fin des intimidations contre sa famille, son cabinet et les défenseurs des droits humains.
Un test pour l’État de droit en RDC
La CCDH rappelle la promesse du président Félix Tshisekedi en 2019 de « fermer les prisons illégales » et d’instaurer un État de droit. Pourtant, le CNC continue d’opérer en toute impunité.
Alors que la détention de Me Palankoy entre dans son quatrième mois, les organisations internationales sont interpellées pour faire pression sur Kinshasa.
« Cette situation est une mort à petit feu », dénonce la CCDH, qui craint des actes de torture physique ou psychologique.
CELLCOM/CCDH



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