En Mauritanie, l’ancien président Abdel Aziz condamné à 15 ans de prison pour enrichissement illicite
La justice mauritanienne a rendu son verdict mercredi 14 mai 2025 dans l’affaire concernant l’ancien président. À la cour d’appel de Nouakchott, Mohamed Ould Abdel Aziz, âgé de 68 ans, a été condamné à 15 ans de prison ferme pour plusieurs infractions graves, notamment le blanchiment d’argent, l’enrichissement illicite et le trafic d’influence.
Selon les éléments présentés lors du procès, Abdel Aziz aurait accumulé une fortune dépassant les 70 millions de dollars d’actifs durant son mandat à la tête du pays. Jugé en appel depuis novembre 2024 pour avoir abusé de son pouvoir afin de s’enrichir personnellement, l’ancien président a reçu une peine plus sévère qu’en première instance, où il avait été condamné à cinq ans de prison. En outre, il devra s’acquitter d’une amende de 3 millions de dollars. D’après le média AfricaNews, il a également été déchu de tous ses droits civiques.
Cette situation a suscité de vives controverses au sein de l’opinion publique et des cercles politiques. En réaction à cette décision, l’un des avocats de l’ancien président a qualifié la peine d’« injuste ». « Bien qu’une décision sévère puisse être compréhensible, une telle peine, sans fondement légal clair, indique qu’il y a d’autres éléments en jeu. »
De plus, la défense de Mohamed Ould Abdel Aziz, qui annonce son intention de se pourvoir en cassation, conteste la validité de sa condamnation pour « blanchiment d’argent ». Selon ses avocats, cette accusation ne repose pas sur des bases solides, car la loi relative à ce crime a été promulguée après le début du procès. Ils estiment donc que cette décision judiciaire est infondée.
Ce verdict intervient alors qu’Abdel Aziz est déjà incarcéré depuis janvier 2023. Au cœur de ses ennuis juridiques se trouve un conflit sur la gestion du parti au pouvoir avec son ancien allié et successeur, Mohamed Ould Ghazouani.
À 68 ans et après plus de dix ans à la tête de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz devient l’un des rares ex-chefs d’État condamnés pour enrichissement illicite dans l’exercice de ses fonctions. Détenu depuis le 24 janvier 2023, après avoir déjà passé plusieurs mois en détention en 2021, il continue sa chute vertigineuse sous le régime de son successeur, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui fut pourtant l’un de ses plus fidèles alliés par le passé.
Mulebourg



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