Élection du Pape Léon XIV : un séisme géopolitique orchestré par Washington ?

Le tweet de Donald Trump, loin d’être un simple éclat de verbiage, résonne aujourd’hui comme une prophétie glaçante. Pour plusieurs, l’intronisation du cardinal américain Robert Francis Prevost sous le nom de Léon XIV au Saint-Siège n’est pas une simple succession papale ; c’est potentiellement un coup de maître géopolitique, une prise de contrôle symbolique d’une puissance spirituelle par les États-Unis. De plus, l’Afrique semble une fois de plus être un pion involontaire dans cette manœuvre complexe.

L’ascension d’un prélat nord-américain au trône de Pierre, succédant à un pape argentin, brise une dynamique et soulève des questions troublantes sur les véritables centres de pouvoir mondial. Le journaliste Fabien Lumbala considère que ce nouveau locataire du Saint-Siège arrive pour accompagner l’Occident dans sa lutte contre la Russie et la Chine. Selon lui, « face à la crise que traverse l’Occident, la désignation du Pape ce jeudi 8 mai 2025 est une jonction : trouver un Pape latino-américain qui va resserrer les liens entre l’Europe et les USA. »

De plus, l’ancien rédacteur en chef de Télé 50 souligne que cette élection a été réalisée dans la précipitation, visant à contrer médiatiquement la grande rencontre du vendredi 9 mai à Moscou entre Poutine et Xi Jinping pour célébrer la victoire russe sur les nazis allemands.

Parallèlement, l’analyste politique et journaliste Guyvenant Misenge note que les analyses relayées par une certaine presse internationale, qui promettaient un pape africain en la personne du charismatique cardinal Fridolin Ambongo, apparaissent rétrospectivement comme une diversion savante. Selon lui, cette stratégie visait à masquer un dessein bien plus élaboré.

« Plusieurs médias, ont mis en avant le cardinal Ambongo, dont les qualités de leadership, la profondeur spirituelle et l’engagement envers la justice sociale étaient manifestes. Il incarnait un espoir légitime pour une Église plus universelle et ancrée dans les réalités du Sud global », a t-il dit. Il ajoute en soulignant que : « sa mise en avant médiatique pourrait n’avoir été qu’un leurre, une tactique pour mieux dissimuler le véritable dessein. » Guy Misenge.

Il est impératif, selon Guy Misenge, de mettre en lumière une dissonance interne, une faille dans le récit de l’unité africaine. « L’opposition virulente de certains Congolais à la perspective de voir leur propre cardinal accéder à la papauté, motivée par des considérations politiques mesquines et un alignement partisan avec un régime contesté, révèle une blessure profonde », a t-il déclaré. Ces « propos haineux » et cette fracture interne d’après lui menacent la fragile cohésion nationale à un moment où l’unité est une question de survie.

Au-delà de ces dynamiques internes, la question lancinante demeure : pourquoi l’establishment occidental semble-t-il réticent à céder les rênes, même symboliques, d’une institution aussi influente à un leader africain ? Guyvenant Misenge s’interroge sur la fameuse « fumée blanche », censée symboliser la guidance divine et le consensus. Ne serait-elle pas plutôt le signal d’un processus où les dés sont déjà pipés ? Si la couleur de peau ne devrait pas être un critère, son absence persistante au sommet du Vatican interroge sur les biais inconscients et les structures de pouvoir héritées d’une époque révolue.

« Le jour où l’Afrique se défera véritablement de ces formes insidieuses de colonisation mentale et spirituelle, où elle cessera de chercher l’approbation ou la validation de l’Occident pour ses propres leaders, alors une véritable paix intérieure pourra éclore », a t-il avancé.

Pour plusieurs acteurs socio-politiques cette élection a un goût amer de machination. Cependant, notez que l’église catholique a sa façon de faire. Comme le nouveau Pape, François en fut pas parmi les favoris.

Mulebourg

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